Var. : justice. fait la droite ; mais confessons sin
2. Yar. : cachons-nous à nous- cèrement que c'est Dieu qui fait mêmes le bien que nous faisons : tout en nous.
que la gauche ne sache pas ce que 'A. Matth.. v. 11.
Sermons de Bossuet. — II. 10
iious-en à nous-mêmes : reproclions-nous devant Dieu notre ingratitude et nos vanités ridicules ; mettons-nous à nous-mêmes devant notre face toute la honte de notre vie ; soyons du moins obscurs à nos yeux par une humble confession de nos crimes ; et participons comme nous pouvons à la confusion de Jésus, afin de participer à sa gloire ^. Amen.
Première rédactio)} dit P'' point.
« Puisque ce premier point nous doit faire voir que Dieu met entre les mains de Joseph la virginité de Marie ainsi qu'un céleste dépôt, pour entendre solidement combien il l'honore en lui confiant un si grand trésor, il importe que nous concevions (Var. : \\ faut que j'explique. 2® Var. : il faut considérer.) avant toutes choses combien cette virginité est chérie du ciel, combien elle est utile à la terre, combien son prix est inestimable ; et ainsi nous jugerons (Var. : vous jugerez) aisément par la qualité du don de la dignité du dépositaire. Je pose donc pour fondement de tout ce discours que le monde n'avait rien de plus précieux que la virginité de Marie, dans le temps qu'il plut au Père éternel de la confier à Joseph ; et pour entendre cette vérité, suivez {Var.: prenez), s'il vous plaît, ce raisonnement. Il n'est rien de plus précieux que ce qui doit attirer Jésus-Christ au monde. C'est vous, ô virginité de Marie, qui, par les chastes attraits et la lumière céleste de votre pureté admirable, devez aller charmer le F'ils du Très-Haut jusque dans le sein de son Père, et qui devez ensuite attirer au monde cet unique Rédempteur des âmes. Et par conséquent, ChréHens, il n'est rien de plus précieux que la virginité de Marie.
Mais mettons cette vérité dans un plus grand jour, et faisons voir solidement par les s'aintes Lettres combien la virginité était nécessaire pour la réparation de notre nature. Car c'était un conseil de la Providence que, comme Dieu produit son Fils dans l'éternité par ime génération virginale, aussi, quand il naîtrait dans le temps, il fût formé du sang d'une vierge. Jésus devait être tout l'amour des vierges, il devait être le pudique Ëpoux de la sainte virginité, il devait en être la gloire, et il devait aussi en être le fruit et venir au monde par son entremise. C'est pourquoi les Prophètes avaient annoncé qu'une vierge concevrait un fils (Is., VII, 14) ; nos pères ont vécu dans cette espérance ; et l'Évangile nous en a fait voir l'accomplissement. Tel était le conseil de Dieu, que son Fils naquît d'une vierge ; et, s'il est permis à des hommes de rechercher les causes d'un si grand mystère, j'en ai une à vous rapporter, qui fera un des plus grands ornements du panégyrique de saint Joseph, et qui d'ailleurs sera tirée des Écritures divines {Var. : j'en ai une à vous rapporter qui ne peut être
1. L'allocution à 1;^ Reine, que les est de 16.")!!. Nous la doinieroiis h éditeurs ajoutent à cette péroraison, cette dite.
que très solide, parce que les auciens docteurs l'ont tirée des Ecritures divines) .
Le mystère de l'Incarnation devait joindre très étroitement la Divinité et la chair : Le Verbe a été fait chair, dit l'évangéliste : il n'est point d'union plus étroite. Mais il y a trop de disproportion entre la corruption de nos corps et la beauté immortelle de cet Esprit pur, et il semble qu'il n'est pas possible d'unir des natures si éloignées, s'il ne se met auparavant entre eux quelque chose qui les approche ; je veux dire qu'il ne semble pas que la chair puisse aspirer à la gloire de toucher ^ si près la Divinité, sï elle n'y est auparavant préparée par quelque excellente disposition, si elle ne reçoit quelque qualité qui l'approche en quelque façon des esprits. Mais qui lui peut donner ce bel avantage, si ce n'est la virginité, qui tient en quelque façon de Thomme et de l'ange, et qui relève cette chair mortelle jusqu'à la pureté des esprits ? Expli(juez-le-nous, ô grand .Vugustin : quelle estime faites-vous des vierges sacrées ? Elles ont, dit-il, en la chair quelque chose qui n'est pas de Ja chair, quelque chose qui est de l'ange plutôt que de l'homme ; Habeut aliquid jnm twn caniis in carne (De sanct. Virijin., cap. xiii). A'oye/ que la sainte virginité nous met, pour ainsi dire, entre l'ange et l'homme, et rend la chair en quelque sorte spirituelle.
Appliquons ceci à notre sujet. Il y a une distance infinie (Var. : une infinie disproportion) entre Dieu, qui est un esprit, et l'homme engagé dans un corps mortel, et il semble qu'on ne peut unir ces deux choses. Mais la sainte virginité viendra entre-deux pour les approcher. Et de même que la lumière peut bien tomber sur les corps opaques, mais elle ne les peut pas pénétrer, parce que leur obscurité l'en empêche (Var. : parce qu'elle y trouve trop d'obscurité ; 2<' var. : à cause de l'obscurité qu'elle y trouve), au contraire vous diriez qu'elle s'en retire en réfléchissant ses rayons; mais quand elle rencontre un corps transparent, elle y entre, elle s'y unit, parce qu'elle y trouve l'éclat et la transparence qui approche de sa nature et tient quelque chose de la lumière : ainsi nous pouvons dire. Fidèles, cpie la divinité du Verbe éternel ne se serait jamais unie à im corps, sans la bienheureuse entremise de la sainte virginité, qui, ayant quelque chose de spirituel, a pu en quelque sorte préparer la chair à être unie à cet Esprit pur.
Mais de peur que vous ne croyiez que je parle ainsi de moimême, il faut. Fidèles, vous faire entendre im célèbre évêque de l'Orient : c'est le grand Grégoire de Xysse, df)nt je vous rapporte les propres paroles tirées fidèlement de son texte : « C'est, dit-il, la virginité qui fait que Dieu ne refuse pas de venir vivre avec les hommes ; c'est elle qui donne des ailes aux hommes pour prendre leur vol du côté du ciel ; et étant le lien sacré de la familiarité de l'homme avec Dieu, elle accorde par son entremise des choses si éloignées par nature : Quœ acleo natura distant, ipsa i)itercedens sua virtute conciliât, adducitque in concordiam. »
1. Cette -uite «e trouve après la et entièrement barrée.^, p. 9. en deux pages non numérotées