‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 99 sur 397 · I Joun.. II · texte numérisé non relu

I Joun.. II

des méchants, que ton cœur n'en murmure point, parce qu'elle ne mérite pas d'être désirée ; c'est la première vérité de notre évangile. Si cependant les misères croissent, si le fardeau des malheurs s'augmente, ne te laisse pas accabler, et reconnais dans la douleur qui te presse l'opération du médecin qui te guérit, vos autem contristahimini : c'est le second point. Enfin, si tes forces se diminuent, soutiens ton courage abattu par l'attente du bien que l'on te propose, qui est une santé éternelle dans la bienheureuse immortalité, tristitia vestra [vcrtctur in gaudium'\ ; c'est par où je finirai ce discours. Et voilà en abrégé. Chrétiens, toute l'économie de cet entretien, et le sujet du saint évangile que l'Église a lu ce matin dans la célébration des divins mystères. Reste que vous vous rendiez attentifs à ces vérités importantes. Laissons tous les discours superflus ; cette matière est essentielle, allons à la substance des choses avec le secours de la srâce.

Premier Point.

[P. 5] Pour entrer d'abord en matière, je commence mon raisonnement par cette proposition infaillible, qu'il n'est rien de mieux ordonné que les événements des choses humaines, et toutefois qu'il n'est rien aussi où la confusion soit plus apparente.

Qu'il n'y ait rien de mieux ordonné, il m'est aisé de le faire voir par ^ ce raisonnement invincible. Plus les choses touchent de près à la providence et à la sagesse divine, plus la disposition en doit être belle. Or, dans toutes les parties de cet univers. Dieu n'a rien de plus cher que l'homme, qu'il a fait à sa ressemblance ; rien par conséquent n'est mieux ordonné que ce qui touche cette créature chérie et si avantagée par son créateur. Et si nous admirons tous les jours tant d'art, tant de justesse, tant d'économie dans les astres, dans les éléments, dans toutes les natures inanimées, à plus forte raison doit-on dire qu'il y a un ordre admirable dans ce qui regarde les hommes. Il y a donc certainement

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