Le premier concile œcuménique Conc, p
à venir, celui du Vatican (1870), 4. Il avait été seci-étaire de cet devait en effet finir les divisions, étrange concile, qu'une douzaine de mais en ruinant à jamais la thèse prélats, évêques ou abbés mitres, gallicane dans sa partie essentielle, avaient inauguré en se mettant en sans toutefois consacrer toutes les révolte ouverte contre le i)ape Euprétentions de ceux qu'on appelait gène IV. Il fit du reste sa rétracta- ]?ià\?> ultramontalns. tion, longtemps avant d'être élevé
SUR l'unité de l'Église. 139
sant à un évêque de Paris dans l'assemblée générale de tous les princes chrétiens, lui parla ainsi de la France ^ : La France a beaucoup cV Universités, parmi lesquelles la vôtre, mon vénérable Frère, est la plus illustre, parce qu^on y enseigne si bien la théologie et que c^est un si grand honneur d^y pouvoir mériter le titre de docteur: de sorte que le florissant royaume de France, avec tous les avantages de la nature et de la fortune, a encore ceux de la doctrine et de la plus pure religion. Voilà ce que dit un savant pape qui n'ignorait pas nos sentiments, puisqu'ils étaient alors dans leur plus grande vigueur; et je puis dire qu'il en approuve le fond dans la bulle ^ où, en révoquant ce qu'il avait dit avant son exaltation en faveur du concile de Bâle, il déclare qu'il n'en révère pas moins le concile de Constance, dont il embrasse les décrets et nonmiément ceux où l'autorité et la puissance des conciles est expliquée.
Il savait bien que la France n'abusait point de ces maximes, puisque même elle venait de donner un exemple incomparable de modération dans la célèbre assemblée de Bourges, où, louant les Pères de Bâle qui soutenaient ces maximes, elle rejeta l'application outrée qu'ils en firent contre le pape Eugène IV. Nos libertés furent défendues, le Pape fut reconnu, le schisme fut éteint dans sa naissance, tout fut pacifié. Qui fit un si grand ouvrage? un grand roi fidèlement assisté par le plus docte clergé qui fût au monde ^ .
Jamais il ne fut tant parlé des libertés de l 'Église, et jamais il n'en fut posé un plus solide fondement que dans ces paroles immortelles de Charles VII : Comme c^est, dit-il, le devoir des prélats d'' annoncer avec liberté la vérité quHls ont apprise de Jésus-Christ, c^est aussi le devoir du Prince et de la recevoir de leur bouche,
au souverain pontificat, et il la étant un des remparts des gallicans,
renouvela du haut du trône de saint on comprend qu'elle leur ait été
Pierre, comme Bossuet va le rappe- chère. Mais Charles YII et son cler-
1er incidemment gé ne méritent guère les éloges qui
1. Pius El, in Conv. Mant. (tom. leur sont ici décernés avec tant de III Conc.^ p. 1771). complaisance. La Pragmatique' elle-
2. Bulla retract. Pïi IF (ibid., p. même fut réprouvée par Pie II, et 1407). abandonnée par Louis XI, le suc-
.'!. La Pragmatique de Bourges cesseur de Charles VII.
prouvée par les Écritures, et de V exécuter avec efficace ^. Voilà en eiret le vrai fondement des libertés de l'Église ; alors elle est vraiment libre quand elle dit la vérité : quand elle la dit aux rois qui l'aiment naturellement ^ et qu'ils l 'écoutent de sa bouche, car alors s'accomplit cet oracle du Fils de Dieu : Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous délivrera, et vous serez vraiment libres ^.
Nous sommes accoutumés à voir agir nos rois très chrétiens dans cet esprit. Depuis le temps qu'ils se sont rangés sous la discipline de saint Rémi, ils n'ont jamais manqué d'écouter leurs évêques orthodoxes. L'Empire romain vit succéder au premier empereur chrétien un empereur hérétique *. La succession des empereurs a souvent été déshonorée par de semblables désordres ; mais, pour ne point reprocher aux autres royaumes leur malheuiieux sort, oontentons-nous de dire avec humilité et actions de grâces que la France est le seul royaume qui jamais, depuis tant de siècles, n'a vu changer la foi de ses rois : elle n'en a jamais eu depuis plus de douze cents ans qui n'ait été enfant de l'Église catholique ; le trône royal est sans tache et, toujours uni au Saint Siège ^, il semble avoir participé à la fermeté de cette pierre, ce Gratias Deo super inenarrahili dono ejus : Grâces à Dieu sur ce don inexplicable de sa bonté ^ !»
En écoutant leurs évêques dans la prédication de la vraie foi, c'était une suite naturelle c^ue ces rois les écoutassent dans ce qui regarde la discipline ecclésiastique. Loin de vouloir faire en ce point la loi à l'Église, un empereur roi de France disait aux évêques ' : « Je veux qu'appuyés de notre secours et secondés de notre puissance, comme le bon ordre le prescrit : Famulaiite ut decet potestate nostra, (pesez ces paroles et remar-