SUR L UNITE DE L EGLISE
pour les évêques que les conciles. C'est dans les capitulaires des rois qu'il est ordonné aux deux puissances ^, au lieu d'entreprendre l'une sur l'autre, de s^ aider mutuellement dans leurs fonctions, et qu'il est ordonné en particulier aux comtes, aux juges, à ceux qui ont en main l'autorité royale, d'être obéissants aux évtques. C'est ce que portait l'ordonnance de Charlemagne, et ce grand prince ajoutait qu'il ne pouvait tenir pour de fidèles sujets ceux qui n'étaient pas fidèles à Dieu, ni en espérer une sincère obéissance, lorsqu'ils ne la rendaient pas aux ministres de Jésus-Christ dans ce qui regardait les causes de Dieu et les intérêts de l' Église ^. C'était parler en prince habile qui sait en c|uoi l'obéissance est due aux évêques et ne confond point les bornes des deux puissances. Il mérite d'autant plus d'en être cru. Selon ses ordonnances, on laisse aux évêques l'autorité toute entière dans les causes de Dieu et dans les intérêts de l'Église; et avec raison, puisque en cela l'ordre de Dieu, la grâce attachée à leur caractère, l'Écriture, la tradition, les canons et les lois parlent pour eux.
Qu 'est-il besoin d'alléguer les autres rois? Que ne doivent point les évêques au grand Louis ^ ? Que ne fait point ce religieux prince pour les intérêts de l'Église? Pour qui a-t-il triomphé si ce n'est pour elle? Quand tout, en un moment, ploya sous sa main et que les provinces se soumirent comme à l'envi, n'ouvrit-il pas autant de temples à l'Église qu'il força de places? Mais l'hérésie de Calvin fut la seule confondue en ce temps. Aujourd'hui, le luthéranisme, la source du mal et la tête de l'hérésie, est entamé : heureux présage pour
1. Des magistrats et des évêques. 3. Revenons encore à l'abbé L'expression ordonné n'aurait pu Eéaume {llhtoirt de Bossuet. t. II, s'appliquer à la puissance papale, p. 114). Dans un commentaire en même au point de vue gallican. regard du texte, il fait dire à Bos-
2. Cap. IV Car. Magn., ann. 800 suet : (( Que ne doivent point les (Baluz., tom. I, p. 450) ; Capit., ap. évêques au grand saint Louiii ? )) Theod., de hon. Èpisc. et rel. Sacerd. Impossible de supposer charitable- {ibid., p. 438) ; Coll. Anseg., lib. VI, ment une faute d'impression, car il cap. CCXLIX (ibid., p. IXÎô) ; Conc. ajoute aussitôt :(( c'est-à-dire à l'au- Arel.YI,sub Car. Magn ,can. xiu teur supposé de la Pragmatique (tom. II Conc. Gall., p. 271) ; Capit. sanction.» On voit avec quel sérieux Car. Afagn., ann. 81 3. (Baluz., tom. I, sont écrites ces diatribes, qui avaient p. 503). cours en certains milieux !
l'Ëi^Iise ! il coiiinience à rendre les temples usurpés. L'un des plus «irands de ces temples, celui qui de dessus les bords du Rhin élève le plus haut et fait révérer de plus loin son sacré sonnnet ^, par la piété de Louis est sanctifié de nouveau. Que ne doit espérer la France, lorsque, fermée de tous côtés par d'invincibles barrières, à couvert de la jalousie et assurant la paix de l'Europe par celle dont son roi la fera jouir ^, elle verra ce i»rand prince tourner plus que jamais tous ses soins au bonheur des peuples et aux intérêts de l'Église, dont il fait les siens? Nous, mes Frères, nous qui vous parlons, nous avons ouï de la bouche de ce prince incomparable, à la veille de ce départ glorieux qui tenait toute l'Europe en suspens, qu'il allait travailler pour l'Église et pour l'État, deux choses Cju'on verrait toujours inséparables dans tous ses desseins '\ France, tu vivras par ces maximes ^, et rien ne sera plus inébranlable qu'un royaume uni si étroitement à l'Église que Dieu soutient ! Combien devons-nous chérir un prince qui unit tous ses intérêts à ceux de l'Église? N'est-il pas notre consolation et notre joie, lui qui réjouit tous les jours le ciel et la terre par tant de conversions^? Pouvons-nous n'être pas touchés, pendant que, par son secours, nous ramenons tous les jours un si grand nombre de nos enfants dévoyés? et qui ressent plus de joie de leur changement que l'Église romaine, leur mère commune, qui dilate son sein pour les recevoir? La main de Louis était réservée pour achever de guérir les plaies de l'Église. Déjà celles de l'épiscopat ne nous paraissent plus irrémédiables. Outre cent arrêts favorables, sous les auspices d'un prince qui ne veut que
1 . La cathédrale de Strasbourg:, 4. Ces maximes sur l'union des