La paix de Nimègue (1078) deux puissances
semblait autoriser ces espérances. 5. Conversions de protestants.
D'autre part, le Koi, encore dans la C'était trop de générosité d'en faire
force de l'âge, paraissait vouloir honneur à Louis XIV. Il les favori-
rompre enfin avec les passions scan- sait, il est vrai, de tout son pouvoir ;
daleuses dont il donnait l'exemple mais l'autorité morale, que la vertu
depuis vingt ans. dans la vie privée eût donnée à un
3. On connaît les lettres coura- prince cathoHque, eût été plus réelgeuses et vraiment apostoliques, lement efficace. Il n'est pas question adressées par Bossuet au Roi en 1 ()75, dans ce passage de la révocation de au début de cette glorieuse cam- l'édit de Nantes, qui n'avait pas pagne. (Edit. Urbain et Levesque, encore eu lieu,
144 SUR l'unité de l'église.
voir la raison pour s'y soumettre, on ouvre les yeux : on ne lit plus les canons et les décrets des saints Pères par pièces ^ et par lambeaux pour nous y tendre des pièges ; on prend la suite des antiquités ecclésiastiques ; et si on entre dans cet esprit, que verra-t-on à toutes les pages, que des monuments éternels de notre autorité sacrée? Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes quand nous parlons de cette sorte ; mais nous prêchons Jésus- Christ qui nous a établis ses ministres, et nous prêchons tout ensemble que nous sommes en Jésus-Christ dévoués à votre service ^. Car qu'est-ce que l'épiscopat, si ce n'est une servitude que la charité nous impose pour sauver les âmes? Et qu'est-ce que soutenir l'épiscopat, que soutenir la foi et la discipline? 11 ne faut donc pas s'étonner si Louis, qui aime et honore l'Église, aime et honore notre ministère apostolique. Que tarde un si saint pape ^ à s'unir intimement au plus religieux de tous les rois ? Un pontificat si saint et si désintéressé ne doit être mémorable que par la paix et par les fruits de la paix, qui seront, j'ose le prédire, l'humiliation des infidèles, la conversion des hérétiques et le rétablissement de la discipline. Voilà l'objet de nos vœux ; et, s'il fallait sacrifier quelque chose à un si grand bien, craindrait-on d'en être blâmé?
Troisième Point.
C'a toujours été dans l'Église un commencement de paix que d'assembler les évêques orthodoxes. Jésus- Christ est l'auteur de la paix, Jésus-Christ est la paix lui-même ; nous ne sommes jamais plus assures d'être assemblés en son nom, ni par conséquent de l'avoir, selon sa promesse, au milieu de nous, que lorsque nous sommes assemblés pour la paix ; et nous pouvons dire avec un ancien pape *, que « nous sommes véritable-
1. Ptéaume (dans le commentaire boliques, que la vénération de Boscité plus haut) : « On ne lit plus les suet pour le pouvoir royal suffit à canons... que par pièces et par lam- peine à excuser. — devait peu toubeaux. » cher un pontife austère, qui voyait