Par la loi salique, qui la régit. en
4. Marie de Bourgogne, fille de 4. Appelée ailleurs Elisabeth de Charles le Téméraire, avait épousé France. Elle mourut en 1644.
Serinons de Bossuet. — VI . 12
gne la pleura ; et, pour notre malheur, la vie de Marie- Térèse n'a «^^uères eu un plus long cours. Mais la sage, la courageuse et la pieuse Isabelle devait une partie de sa gloire aux malheurs de l'Espagne, dont on sait qu'elle trouva le remède par un zèle et par des conseils qui ranimèrent les grands et les peuples, et, si on le peut dire, le roi même. Ne nous plaignons pas, Chrétiens, de ce que la reine sa fille, dans un état plus tranquille, donne aussi un sujet moins vif à nos discours, et contentons-nous de penser que, dans des occasions aussi malheureuses dont Dieu nous a préservés, nous y eussions pu trouver les mêmes ressources.
Avec quelle application et quelle tendresse Philippe IV, son père, ne l'avait-il pas élevée ! On la regardait en Espagne, non pas comme une infante, mais comme un infant ; car c'est ainsi qu'on y appelle la princesse qu'on reconnaît comme héritière de tant de royaumes. Dans cette vue, on approcha d'elle tout ce que l'Espagne avait de plus vertueux et de plus habile. Elle se vit, pour ainsi parler, dès son enfance, toute environnée de vertus ; et on voyait paraître en cette jeune princesse plus de belles qualités qu'elle n'attendait de couronnes. Philippe l'élève ainsi pour ses États; Dieu, qui nous aime, la destine à Louis.
Cessez, princes et potentats ^, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage. Que l'Amour, qui semble aussi le vouloir troubler, cède lui-même^. L'Amour peut bien remuer le cœur des héros du monde ; il peut bien y soulever des tempêtes, et y exciter des mouvements qui fassent trembler les politiques, et qui donnent des espérances aux insensés; mais il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois, à qui il ne peut