‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 171 sur 538 · On dit plus souvent médiante : sur l'autre · texte numérisé non relu

On dit plus souvent médiante : sur l'autre

c'est la pause qui se fait au milieu 4. Apec, viit, 1.

d'un verset.

AUX URSl LINES DE MEALIX.

lorsque vous chantez ses louanges; c'est pour vous apprendre, par ces célestes intelligences, que toute créature, soit au ciel ou en la terre, doit demeurer dans le silence, et se taire pour adorer et admirer la grandeur de Dieu. Admirez donc et adorez celui à qui vous avez l'honneur de parler : faites de temps en temps ce silence, à l'imitation des anges, observant bien la médiation ; et puis derechef chantez conune eux alternativement, chœur à chœur, les louanges de votre créateur et seigneur. Si chacune avait application à faire cet acte d'adoration et d'admiration dans le temps de la médiation, il serait plutôt à craindre qu'elle fût trop longue ({ue trop courte.

Les Sœun éviteront toute partialité, spécialement dans les choses où il est besoin d^avoir recours à notre autorité pour être pourvn au bien commun, et sUibstiendront d^en faire des entretiens inutiles : elles se contenteront de nous représenter les vues qu'elles en auront, demeurant cependant en paix, et se conformant avec soumission aux ordres qui leur seront donnés dans Je temps.

Dans les visites, Vune ne suggérera pas à Vautre ce qu'elle dira : chacune déclarera ses pensées avec simplicité. L'on a fait quelques fautes dans cette visite sui* cet article, ce qui m'a obligé de vous en faire avertir, en ayant eu connaissance. Cet avis vous servira dans les visites à venir : on n'a pas observé cela en cette visite-ci ; il faudra y prendre garde dans les autres. Soyez plus fidèles, mes Filles, que vous ne l'avez été en celle-ci.

On évitera les amitiés privées et communicaiions secrètes, sous telle peine qu'il conviendra décerner: les vocales ^ qui récidiveront dans cette faute avec scandale, seront privées du chapitre; de même, si elles déclarent aux personnes intéressées ce qui aura été dit contre elles.

Pour les amitiés particulières et communications dangereuses, je veux que vous les évitiez connne les pestes ^

1. Celles qui ont t^oix au chapitre. 2. Édit. : pertes. — Nous n'hési-

de la religion, et que vous les fuyiez comme des sources de division et de vices. Ayez-les en horreur, et qu'il ne s'en trouve jamais dans cette communauté de semblables. Je n'entends pas toutefois par là défendre absolument tous entretiens et communications; j'en trouve parmi vous de saints et de bons qui sont même utiles : ils le seront toujours, s'ils ont les conditions qu'il faut pour être parfaits, savoir : qu'ils soient rares, brefs, modestes, et avec permission de l'obéissance. S'ils sont réglés de la sorte, je ne les désapprouverai pas.

A l'égard du secret du chapitre, que les vocales soient là-dessus fort réservées. Vous savez par expérience les inconvénients qui en sont arrivés par le passé : il pourrait encore en arriver de plus grands à l'avenir, si vous n'y veilliez autrement ^ ; i3renez-y garde. Voici un article de conséquence ; pensez-y, mes Filles.

Les Sœtirs n^ entreront pas dans les cellules les unes des autres sans permission de la Mère supérieure : on se gardera bien d'en emporter secrètement, d^autorité privée f ni livres , ni écrits, sous peine de désobéissance.

Elles se rendront ponctueïles au confessionnal , de manière que le confesseur ne perde point le temps à les attendre.

Je vous exhorte, mes Filles, d'être fort exactes et fidèles à cette ordonnance pour la confession. Ce n'est pas avoir du respect pour le ministre de Jésus-Christ, que de le faire attendre au confessionnal après vous. Que chacune de vous soit à l'avenir plus diligente à se trouver, aux jours prescrits, aux heures marquées pour la confession. Le temps que vous faites perdre ainsi au confesseur serait plus utilement employé à prier pour vous, et à présenter à Notre-Seigneur tous vos besoins, pour lui demander les lumières nécessaires pour travailler au salut et à la perfection de vos âmes, dont il est chargé par son ministère. Quand vous allez au sacrement de pénitence, soyez pénétrées d'une forte componction de cœur ; allez-y avec respect, avec humilité,

tons pas à corriger ce qui est le de la vie religieuse.

résultat évident d'une faute de lec- 1. Autrement que par le passé.

ture. — De la religion., c'est-à-dire

avec soumission, et surtout avec confiance, comme à Jésus-Christ lui-même, de qui le confesseur tient la place. Ne faites point de certaines distinctions par rapport à l'homme : entrez dans l'esprit de la foi, fermant les yeux à toutes les vues humaines; n'envisagez uniquement que Jésus-Christ en la personne du confesseur, qui vous le représente pour lors en qualité de votre juge. Allez donc à ce tribunal avec un esprit sérieux ; et soyez pénétrées d'une sainte frayeur, en vous considérant comme une criminelle en la présence de son

juge.

Imitez la Madeleine, mes Filles, et souvenez-vous de sa diligence et de sa ferveur, lorsqu'elle allait trouver Jésus-Christ pour entendre sa parole, et pour obtenir la rémission de ses offenses. Quand elle savait le lieu où Notre-Seigneur était, et quand elle apprenait qu'il la demandait, jamais Madeleine ne s'en excusait : elle ne se faisait pas appeler plusieurs fois ; mais promptement et sans différer, elle s'allait jeter aux pieds de Jésus-Christ pour entendre ces favorables paroles : Tes péchés te sont pardonnes. Voilà, mes Filles, votre modèle ; imitez cette illustre pénitente, animez-vous par l'exemple de cette grande sainte. Si vous aviez plus de foi, vous auriez de même un saint empressement de vous aller jeter aux pieds de votre confesseur afin d'entendre les mêmes paroles d'absolution pour la rémission de vos péchés, puisqu'il vous représente Jésus-Christ dans ce sacrement. Si l'on s'occupait de ces pensées, on se tiendrait devant le confesseur avec tout le respect et la modestie requise ; on l'écouterait avec humilité, avec soumission, en esprit de foi ; on se préparerait sérieusement ; on se garderait bien de se répandre en des discours frivoles, et l'on ne dissiperait pas son esprit vainement, au lieu de se disposer à une si sainte et si îrrande action.

Les religieuses du Juvénat ^ seront sous la conduite de la Mère assistante; cependant la Mère supérieure continuera d^en prendre soin jusqu^à la fin de janvier prochain.

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