‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 173 sur 538 · Les (liscritex ou conseillères tresse des novices, etc · texte numérisé non relu

Les (liscritex ou conseillères tresse des novices, etc

garder ce silence si nécessaire, que j'ai tant recommandé ; et de toutes ces choses, je souhaite et je prétends que vous m'en rendiez compte, et je vous enjoins de le faire de temps en temps ; moi-même, je vous en interrogerai, et je m'informerai si elles sont religieusement observées.

Et vous, mes Filles, je vous exhorte derechef de travailler incessamment à votre perfection, dans la paix et dans le silence. Que chacune de vous ne pense plus qu'à cette unique affaire et à se bien acquitter de ce que l'obéissance vous donne à faire, chacune dans vos obédiences. Travaillez et agissez dans l'esprit de Jésus- Christ ; prenez-le pour votre modèle dans toutes vos actions ; voyez avec quelle perfection et obéissance il servait Joseph et Marie : c'était son obédience que de leur être sujet et soumis en toutes ses actions, durant sa vie cachée. Considérez bien ce bel exemple, et vous y conformez parfaitement en cette vie, afin que vous puissiez être un jour unies éternellement à lui dans la bienheureuse vie de la ffloire c«^leste.

Sermons de Bossuet.— VI.

le 4 mai IGHô.

C'est manifestement aux Lrsulines qu'est adressée une lettre ^ que les éditeurs intitulent : A des Religieuses de la ville de Meau.v, et que Bossuet avait ainsi datée: A Germ'ujtiy, ce jour de saint Jacques et de saint Philippe, 1685. L'évêque les remercie d'un présent symbolique qu'elles lui avaient envoyé. Elles y avaient représenté l'Esprit de paix sous la forme d'une colombe. C'était lui annoncer que l'ordre était rétabli dans le monastère. « Mais, écrit-il, si c'est ici une œuvre de Dieu, il faut qu'elle soit durable...» Il se réjouit encore de ce qu'elles goûtent maintenant « ce silence où Dieu seul se fait entendre. » « Si vous continuez, ajoutait-il, vous serez vraiment ma joie, ma consolation et ma couronne au jour de Notre-Seigneur. » Il était d'ailleurs trop expérimenté pour se flatter que le retour des abus fût impossible. Aussi se proposait-il d'aller bientôt corroborer la bonne volonté par une nouvelle instruction : « Je retournerai demain à Meaux, s'il plaît à Dieu, et jeudi j'irai célébrer la messe chez vous, et y honorer les mystères incompréhensibles de la croix, source d'éternelle concorde et de paix entre Dieu et les hommes. » Or, on sait que le 3 mai est La fcte de l'Invention de la sainte Croix. Toutefois la visite du prélat fut retardée d'un jour, et on va voir qu'il commence son discours par s'en excuser.

La copie 2 aurait-elle, cette fois, été revisée par l'auteur luimême ? On lit dans l'imprimé quelques variantes, en face desquelles le texte définitif a tout l'air d'une correction. Peut-être suffira-t-il, pour expliquer ce fait, de supposer qu'il y avait plusieurs transcriptions, et que Deforis aura fait un choix judicieux parmi les leçons où se rencontraient quelques différences.

J'étais fâché, mes Filles, de n'être pas venu hier solenniser les saints mystères de la croix avec vous ; mais j'ai l'expérience que tous les jours sont bons et saints, et que toutes les solennités de l'Éi>lise ont leurs lumières propres et particulières pour la sanctification des âmes. Ce sont autant d'astres lumineux et d'étoiles bril-

1. On la trouvera dans la Corres- Levesque, t. HT. p. 85 et 86. pondance de Bossuet, édit. Urbain et 2. Pas de manuscrit.

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