‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 181 sur 538 · T Cor., rv · texte numérisé non relu

T Cor., rv

268 QUATRIÈ-ME EXHORTATION

disais au commencement de cette visite, que tout ce que vous me diriez, ma conscience en demeurerait chargée, au contraire, ce que vous me tairiez, vous en demeureriez chargées vous-mêmes, vous y avez tout déposé, vous m'avez parlé toutes avec simplicité et ouverture de cœur. Demeurez à présent paisibles, soumises et dans la douceur, comme de véritables servantes de Dieu. Je vous puis rendre ce témoignage, pour votre consolation, qu'il y a dans cette maison de bonnes âmes qui ont de la vertu, qui veulent la perfection, et désirent beaucoup de se renouveler encore. Vivez donc en repos et dans le silence : ayez un soin et une vigilance toute spéciale de vous avancer de jour en jour dans les plus hautes vertus ; marchez à grands pas à la perfection de votre état. Si vous continuez, mes Filles, dans les bonnes dispositions où je vous vois toutes, vous serez vraiment ma joie, ma consolation et ma couronne au jour du Seigneur. Voilà, mes chères Filles, ce que j'attends et espère de vous ; donnez-moi cette consolation. Respectez-vous les unes les autres : je vous le dis et vous le recommande derechef. Car enfin, mes Filles, vous êtes l'ornement de l'Église, vous en faites la plus belle partie ; vous êtes la portion et le troupeau de Jésus- Christ. Ne dégénérez pas de ces nobles et sublimes dignités ; ne démentez pas aussi cette qualité si auguste d'être les épouses de Jésus-Christ ; ne déshonorez pas votre mère la sainte Église ^, et ne blessez pas le cœur de son Époux, qui serait percé de douleur s'il ne vous voyait pas tendre ^ à la pratique des vertus solides.

Après vous avoir exhortées à la perfection de votre état, comme j'y suis obligé i)ar mon ministère (quoique, en perfectionnant les autres, nous nous laissions tomber malheureusement tous les jours dans des fautes, et qu'en veillant sur autrui, nous ne prenions pas assez garde à nous-mêmes), je vous dirai comme saint Paul ^, que je crains qu'après avoir enseigné et prêché les autres, je ne sois moi-même condamné de Dieu. Demandez donc pour moi sa miséricorde, dont j'ai tant de besoin

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