Édit, : de vous ? Rends comp- 2. Luc, xil
te... 8. Matth., xxv, 20, 22.
Maître qui parle, il n'y a rien à dire : sa parole est expresse.
Qu'avez-vous reçu? Examinez un peu, mes Sœurs, les grâces que Dieu vous a faites, non seulement comme au commun des chrétiens, vous donnant la i^vace du baptême et vous faisant enfants de Dieu, mais encore la grâce de la vocation religieuse, grâce pour suivre les conseils évangéliques ; mais, de plus, vous donnant une abondance de lumières pour connaître les misères du monde et les difficultés de s'y sauver. Envisagez un peu les occasions qu'il y a de se perdre dans le monde, les scandales, les médisances, les mauvais exemples, les sensualités, les dissensions, et vous connaîtrez les grâces que Dieu vous a faites, vous faisant entrer dans la religion, où vous ferez votre salut avec plus de paix, de repos, et avec moins d'inquiétude que dans le monde, n'ayant point de plus grande affaire que l'unique soin de votre salut. Prenez que je vienne aujourd'hui, non pas comme une personne particulière, mais de la part de Dieu, qui m'envoie vous demander compte de l'administration de tous ses biens. Qu'entends-je de vous? Rendez compte de votre âme et de votre vocation. Qu'entends-je dire de vous? Quelles sont ces négligences? quelles affections humaines! quel oubli de votre âme î de votre âme, non pas parce qu'elle est votre âme, mais à cause qu'elle appartient à Jésus-Christ!
Hé quoi ! mes Sœurs, ne serait-ce pas une désolation universelle, et comment pourrait-on vivre et subsister, si, ayant semé de bon grain dans ses terres, on ne trouvait que de méchante ivraie? Je sais bien que la terre, pour produire ses fruits, a besoin de la rosée du ciel et des influences du soleil. Mais combien plus nos âmes ont-elles besoin de ces pluies de grâce, de ces rosées célestes, de ce soleil de justice qui nous donne la fécondité des bonnes œuvres ! Il veut bien que nous nous servions de secours extérieurs, mais c'est lui qui donne l'accroissement ^.
Rendez compte d'un grand nombre de grâces que vous avez reçues. N'avais~je pas semé de bon grain dans
l.I Cor., III, 7.
cette terre? D'où vient donc que je ne trouve que des ronces et des épines? Que font dans ce cœur ces affections humaines, cet oubli de Dieu et de sa perfection? Que fera-t-on de cette paille inutile, quand le maître dira à ses serviteurs : Que la paille soit séparée du bon grain; jetez-la au feu, et que le blé soit mis dans mon grenier ^ ? Mes Sœurs, si vous êtes cette paille inutile et qui n'est propre à rien, vous serez jetées au feu de la damnation éternelle ; et le bon grain sera porté dans ces greniers, non pas terrestres, mais dans ces tabernacles éternels.
Ha ! qu'il faudrait souvent nous demander ce compte à nous-mêmes, afin qu'il n'y ait rien à redire, s'il se peut, à ce dernier et redoutable compte qu'il faudra rendre, que personne ne pourra éluder ! Et c'est poui' ce sujet que je vous le demande aujourd'hui, afin d'éviter cet éternel et épouvantable jugement auquel il faudra que cette âme paraisse immédiatement devant Dieu, toute nue, et revêtue seulement des bonnes œuvres qu'elle aura faites et pratiquées dans ce monde.
Où est donc ce grand zèle de votre perfection, que vous devez avoir, et qui doit animer toutes les actions et la conduite de votre vie? Combien devez-vous faire état de vos âmes, qui ont été rachetées d'un grand prix, comme est le sang de Jésus-Christ! Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique pour notre salut ^. Et il ne s'est pas contenté, cet aimable Sauveur, de venir une fois à nous dans le mystère de l'Incarnation ; il se donne encore tous les jours à nous par la sainte communion, dans le sacrement de son amour, pour embraser nos cœurs des plus pures flammes de sa charité et nous consommer en lui, comme il dit luimême : afin quHls soient tous en moi, comme je suis dans mon Père^\ C'est Jésus-Christ qui veut que nous ayons avec lui la même union qu'il a avec son Père ; jugez quelle perfection cela demande de vous!
Commençons donc à examiner sur vos vœux, et les obligations que vous avez toutes de tendre à la perfection de votre vocation. Que chacune mette la main à