‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 193 sur 538 · C'est par distraction que M. sept inoi · texte numérisé non relu

C'est par distraction que M. sept inoi

Jacquinet (Oraisons funèbres de n. Y o\v 7in?>?À\\x\ Ecrit de Madame

Bossuet, p. 260) place ce veuvage Anne de Gonzagues de Clèves, prin-

avant l'arrivée de Marie-Thérèse en cesse palatine, ou elle rend compte

France. de ce qui a été V occasion de sa con-

2. Il sera parlé d'elles dans le dis- version. (Bibliothèque Nationale, cours. Un fils aîné n'avait vécu que Ln^ 8920, in-4).

d'anne de gonzague. 289

nastèrc. Elle s'éteignit en son hôtel de la rne (jurancière ^, le 6 juillet 1684, et fut inliuniée au A'^al-de-Grâce, auprès de sa sœur Bénédicte, l'ancienne abbesse d'Avenay.

Ai>i)rehcndl te ab extremis terrse, et a longimiuis ejiis cocavi te; elegi te, et non abject te: ne timeas, quia ego tecum smn.

Je t'ai pris par la main, pour te ramener des extrémités de la terre; je t'ai appelé des lieux les plus éloignés ; je t'ai choisi, et je ne t'ai pas rejeté : ne crains point, parce que je suis avec toi.

C^est Dieu même qui parle ainsi.

(Is., XLi, 9, 10).

Monseigneur ^,

Je voudrais que toutes les âmes éloignées de Dieu, que tous ceux qui se persuadent qu'on ne peut se vaincre soi-même, ni soutenir sa constance parmi les combats et les douleurs, tous ceux enfin qui désespèrent de leur conversion ou de leur persévérance, fussent présents à cette assemblée. Ce discours leur ferait connaître (ju'une âme fidèle à la grâce, malgré les obstacles les plus invincibles, s'élève à la perfection la plus éminente. La princesse à qui nous rendons les derniers devoirs, en récitant selon sa coutume l'office divin, lisait ^ les paroles d'Isaïe que j'ai rapportées. Qu'il est beau de méditer l'Écriture sainte! et que Dieu y sait bien parler non seulement à toute l'Église, mais encore à chaque fidèle selon ses besoins ! Pendant qu'elle méditait ces paroles (c'est elle-même qui le raconte dans une lettre admirable). Dieu lui imprima dans le cœur que c'était à elle qu'il les adressait. Elle crut: entendre une voix douce et paternelle qui lui disait : Je Vni ramenée des extrémités de la terre, des lieux les plus éloignés"^, des voies détournées où tu te perdais, abandonnée à ton propre sens, si loin de la céleste patrie et

1. Et non au Luxembourg, comme 2. Henri-Jules de Bourbon, duc

on le croit communément. (Voy. le d'Enghien, tils du grand Condé et

registre mortuaire de Saint-Sulpice. gendre de la princesse Palatine.

Bibliothèque Nationale, fr. 32594 ; 3. Leçon des Matines pour le lundi

le Mercure^ juillet 1684, p. 152-165 ; de la quatrième semaine de l'A vent.

A. Jal, Dictionnaire critique de bio- 4. Is., xlt, 9. graphie, Paris, 1872, in-8, p. 390).

Sermons de Bossnet. — VI. 19

de la véritable voie, qui est Jésus-Christ. Pendant que tu disais en Ion cœur rebelle : Je ne puis me captiver, j'ai mis sur toi ma puissante main, et j'ai dit : Tu seras ma servante, je Vai choisie dès l'éternité, et je n'ai pas rejeté ton âme superbe et dédaigneuse. Vous voyez par quelles paroles Dieu lui fait sentir l'état d'où il l'a tirée ; mais écoutez comme il l'encourage parmi les dures épreuves où il met sa patience : Ne crains point au milieu des maux dont tu te sens accablée, parce que je suis ton Dieu, qui te fortifie ; ne te détourne pas de la voie où je t'engage, puisque je suis avec toi; jamais je ne cesserai de te secourir ; et le Juste que j'envoie au monde, ce sauveur miséricordieux, ce pontife compatissant, « te tient par la main : Tenehit te dextera Justi mei \ » Voilà, Messieurs, le passage entier du saint prophète Isaïe, dont je n'avais récité que les premières paroles. Puis-je mieux vous représenter les conseils de Dieu sur cette princesse que par des paroles dont il s'est servi pour lui expliquer les secrets de ces admirables conseils? Venez maintenant, pécheurs, quels que vous soyez, en quelques régions écartées que la tempête de vos passions vous ait jetés, fussiez-vous dans ces terres ténébreuses dont il est parlé dans î'Ëcriiure^, et dans l'ombre de la mort ^ ; s'il vous reste quelque pitié de votre âme malheureuse, venez voir d'où la main de Dieu a retiré la princesse Anne, venez voir où la main de Dieu l'a élevée. Quand on voit de pareils exemples dans une princesse d'un si haut rang, dans une princesse qui fut nièce d'une impératrice "^j et unie par ce lien à tant d'empereurs, sœur d'une puissante reine ^, épouse d'un fils de roi *^, mère de deux grandes

1. Is., XLI, 10. — Le texte véri- pereur Ferdinand Tl.était la cousine, table est : Snsceph te... et non la tante d'Anne de Gon-

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