Ibid., IX, 2. zague
3. M. Jacqninet donne, co;H?n<' ??o- 5. De Marie de Gonzague, reine tes de Bossuet, les citation? latines de Pologne, morte en KXî?.
des passages de l'Ecriture. Dans G. De roi éphémère, à la vérité,
tout le cours de l'oraison funèbre. L'électeur palatin, Frédéric V, pro-
l'édition princeps et celle de 1G89 se clamé roi par les Bohémiens révol-
bornent à indiquer les références. tés contre l'empereur Ferdinand II,
Les extraits sont une innovation du perdit bientôt (1G20). dans une ba-
XVIII» siècle (édit. de 1774). taille près de Prague, sa couronne,
4. D'après Moréri, Éléonore de et jusqu'à ses États héréditaires. Gonzague, seconde femme de l'em-
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princesses ^, dont l'une est un ornement dans l'auguste maison de France, et l'autre s'est fait admirer dans la puissante maison de Brunswick ; enfin dans une princesse dont le mérite passe la naissance, encore que, sortie d'un père et de tant d'aïeux souverains, elle ait réuni en elle avec le sang de Gonzague el; de Clèves celui des Paléologues ^, celui de Lorraine ^ et celui de France par tant de côtés : quand Dieu joint à ces avantages une égale réputation, et qu'il choisit une personne d'un si grand éclat pour être l'objet de son éternelle miséricorde, il ne se propose rien moins* que d'instruire tout l'univers. Vous donc qu'il assemble en ce saint lieu, et vous principalement, pécheurs, dont il attend la conversion avec une si longue patience, n'endurcissez pas vos cœurs; ne croyez pas qu'il vous soit permis d'apporter seulement à ce discours des oreilles curieuses. Toutes les vaines excuses dont vous couvrez votre impénitence vous vont être ôtées. Ou la princesse Palatine portera la lumière dans vos yeux, ou elle fera tomber, comme un déluge de feu, la vengeance de Dieu sur vos têtes. Mon discours, dont vous vous croyez peut-être les juges, vous jugera au dernier jour ; ce sera sur vous un nouveau fardeau, comme parlaient les prophètes : Oniis verhi Domini super Israël ^ ; et si vous n'en sortez plus chrétiens, vous en sortirez plus coupables ^. Commençons donc avec confiance l'œuvre de Dieu. Apprenons avant toutes choses à n'être pas éblouis du bonheur qui ne remplit pas le cœur de l'homme, ni des belles qualités qui ne le rendent pas meilleur, ni des vertus dont l'enfer est rempli, qui nourrissent le péché et l'impénitence, et qui empêchent l'horreur salutaire que l'âme pécheresse aurait
1. Une s'agit ici que de celles qui 3. Par sa mère, Catherine de lui avaient survécu : la duchesse Lorraine.
d'Enghien, présente au discours, et 4. Il ne se propose pas moins ..
la duchesse de Hanovre (mariée à 5. Zach., xii, 1.
Jean-Frédéric de Brunswick). fi. Ce n'est pas l'orateur, c'est le
2. Un de ces aïeux paternels prêtre, l'évêque, qui relève ainsi avait épousé la nièce de Jean-Geor- l'autorité de sa parole. En vertu de ges Paléologue, marquis de Mont- la mission dont il est investi, il ose, ferrât, descendant des empereurs et il en a le droit, redire l'avertissede Constantinople, et avait acquis ment du Sauveur lui-même : Serino à sa famille ce marquisat, dot de sa quem locutus sum, ille judicahit eum lemme. ,-^ novissimo die (Joan., xri, 48).
d'elle-meiiie. Entrons encore plus profondément dans les voies de la divine providence, et ne craignons pas de faire paraître notre princesse dans les états différents où elle a été. Que ceux-là craignent de découvrir les défauts des âmes saintes, qui ne savent pas combien est puissant le bras de Dieu pour faire servir ces défauts non seulement à sa gloire, mais encore à la perfection de ses élus. Pour nous, mes Frères, qui savons à cpioi ont servi à saint Pierre ses reniements, à saint Paul les persécutions qu'il a fait souffrir à l'Ëglise, à saint Augustin ses erreurs, à tous les saints pénitents leurs péchés, ne craignons pas de mettre la princesse Palatine dans ce rang, ni de la suivre jusques dans l'incrédulité où elle était enfin tombée. C'est de là que nous la verrons sortir pleine de gloire et de vertu, et nous bénirons avec elle la main qui l'a relevée : heureux si la conduite que Dieu tient sur elle nous fait craindre la justice, qui nous abandonne à nous-mêmes, et désirer la miséricorde, qui nous en arrache ! C'est ce que demande de vous très haute et très puissante princesse Anne de Gonzague de Clèves, princesse de Mantoue et de montferrat, et comtesse palatine du Rhin.
Jamais plante ne fut cultivée avec plus de soin, ni ne se vit plus tôt couronnée de fleurs et de fruits que la princesse Anne. Dès ses plus tendres années, elle perdit sa pieuse mère Catherine de Lorraine. Charles, duc de Nevers, et depuis duc de Mantoue, son père, lui en trouva une digne d'elle, et ce fut la vénérable Mère Françoise de La Chastre ^, d'heureuse et sainte mémoire, abbesse de Faremonstier, c^ue nous pouvons appeler la restauratrice de la règle de saint Benoît et ia lumière de la vie monastique. Dans la solitude de sainte Fare, autant éloignée des voies du siècle que sa bienheureuse situation la sépare de tout commerce du monde ; dans cette sainte montagne que Dieu avait choisie depuis
1. Françoise de La Châtre, fille de mcnastèrede Faremoutiers. En 1G21.
Claude de La Châtre, maréchal de elle ramena ses religieuses à la
France, et de Jeanne Chabot, avait stricte observance de la règle. Elle
succédé, en juin 1G05. à sa sœur mourut en 1643. Anne de La Châtre, h la tête du
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mille ans ^, où les épouses de Jésus-Christ faisaient revivre la beauté des anciens jours, où les joies de la terre étaient inconnues, où les vestiges des hommes du monde, des curieux et des vagabonds ne paraissaient pas ; sous la conduite de la sainte abbesse, f^ui savait donner le lait aux enfants aussi bien que le pain aux forts, les commencements de la princesse Anne étaient heureux. Les mystères lui furent révélés ; l'Écriture lui devint familière ; on lui avait appris la langue latine, })arce que c'était celle de l'Église, et Toiîîce divin faisait ses délices. Elle aimait tout dans la vie religieuse, jusqu'à ses austérités et à ses humiliations ; et durant douze ans c^u'elle fut dans ce monastère, on lui voyait tant de modestie et tant de sagesse, qu'on ne savait à quoi elle était le plus propre, ou à commander, ou à obéir. Mais la sage abbesse, qui la crut capable de soutenir sa réforme, la destinait au gouvernement ; et déjà on la comptait parmi les princesses qui avaient conduit cette célèbre abbaye, quand sa famille, trop empressée à exécuter ce pieux projet, le rompit. Nous sera-t-il permis de le dire? La princesse Marie ~, pleine alors de l'esprit du monde, croyait, selon ia coutume des grandes maisons, que ses jeunes sœurs devaient être sacrifiées à ses grands desseins. Qui ne sait où son rare mérite et son éclatante beauté, avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances"? Et d'ailleurs, dans les plus puissantes maisons, les partages ne sont-ils pas regardés comme une espèce de dissipation par où elles se détruisent d'elles-mêmes : tant le néant y est attaché! La princesse Bénédicte, la plus jeune des trois sœurs, fut la première immolée à ces intérêts de famille. On la fit abbesse, sans que, dans un âge si tendre, elle sût ce qu'elle faisait ; et la mai-que d'une si grave dignité ^ fut comme un jouet entre ses mains. Un sort semblable était destiné à la princesse Anne.
1. Faremontiers (Faiemonstier) ton d'Orlénns. frère du roi de avait été fondé au VII^ :?iècle par France, Louis XIII. Il lui fallut en sainte Fare. dont le frère, saint rabattre, et se contenter de devenir, Faron.était évêque de Meanx. i ar son mariaore avec le vieux
2. Sœur aînée d'Anne de Gonza- Ladislas VII, reine de Pologne, et gue. reine peu appiéciée.