Luc, XI, 26. la Trappe. Son amitié avec Bossuet
2. Eancé, abbé et réformatenr de remontait au temps de leurs études.
304 ORAISON FUxNÈBRE
à elle-même, pour mieux sentir dans la suite la merveilleuse victoire de la grâce. Ainsi elle gémissait dans son incrédulité, qu'elle n'avait pas la force de vaincre. Peu s'en faut c^u'elle ne s'emporte jusqu'à la dérision, qui est le dernier excès et comme le triompiie de l'orgueil, et qu'elle ne se trouve parmi « ces moqueurs dont le jugement est si proche, selon la parole du Sage : Parata sunt derîsorihus judicia ^. »
Déplorable aveuglement ! Dieu a fait un ouvrage au milieu de nous, Ci[ui, détaché de toute autre cause et ne tenant qu'à lui seul, remplit tous les temps et tous les lieux, et porte par toute la terre, avec l'impression de sa main, le caractère de son autorité : c'est Jésus-Christ et son Église. Il a mis dans cette Église une autorité seule capable d'abaisser l'orgueil et de relever la siniplicité, et qui, également propre aux savants et aux ignorants, imprime aux uns et aux autres un même respect. C'est contre cette autorité que les libertins se révoltent avec un air de mépris. Mais qu'ontils vu, ces rares génies, qu'ont-ils vu plus que les autres? Quelle ignorance est la leur ! et qu'il serait aisé de les confondre, si, faibles et présomptueux, ils ne craignaient d'être instruits! Car pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause qu'ils y succombent, et que les autres qui les ont vues les ont méprisées? Ils n'ont rien vu, ils n'entendent rien ; ils n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent ^ après cette vie, et ce misérable partage ne leur est pas assuré. Ils ne savent s'ils trouveront un Dieu propice ou un Dieu contraire. S'ils le font égal au vice et à la vertu, quelle idole ! Que s'il ne dédaigne pas de juger ce qu'il a