‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 218 sur 538 · Prov., IV, 8. 2. Édit. de 1G8(; : et c'est · texte numérisé non relu

Prov., IV, 8. 2. Édit. de 1G8(; : et c'est

attention particulière à celles d'Italie; et, sans parler des autres raisons, I^ouis XIIT, de glorieuse et triomphante mémoire, devait sa protection à la duchesse de Savoie, sa sœur \ et à ses ^ enfants. Jules Mazarin, dont le nom devait être si grand dans notre histoire, employé par la cour de Rome en diverses négociations, s'était donné à la France ; et, propre par son génie et par ses correspondances ^ à ménager les esprits de sa nation, il avait fait prendre un cours si heureux aux conseils du cardinal de Richelieu, que ce ministre se crut obligé de l'élever à la pourpre ^. Par là il sembla montrer son successeur à la France, et le cardinal Mazarin s'avançait secrètement à la première place. En ces temps, Michel Le Tellier, encore maître des requêtes, était intendant de justice en Piémont. Mazarin, que ses négociations attiraient souvent à Turin, fut ravi d'y trouver un homme d'une si grande capacité et d'une conduite si sûre, dans les affaires ; car les ordres de la Cour obligeaient l'ambassadeur à concerter toutes choses avec l'intendant, à qui la divine providence faisait faire ce léger apprentissage des affaires d'Etat. Il ne fallait qu'en ouvrir l'entrée à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique. Mais son esprit modéré ne se perdait pas dans ces vastes pensées; et renfermé, à l'exemple de ses pères, dans les modestes emplois de la robe, il ne jetait pas seulement les yeux sur les engagements éclatants, mais périlleux, de la Cour. Ce n'est pas qu'il ne parût toujours supérieur à ses emplois. Dès sa première jeunesse, tout cédait aux lumières de son esprit aussi pénétrant et aussi net qu'il était grave et sérieux. Poussé par ses amis, il avait passé du Grand conseil ', sage compagnie où sa réputation vit encore, à l'impor-

1. Christine, veuve de Yictor- 4. Sans qu'il fût prêtre, du reste. Amédée ler. Les princes de Savoie, La dignité cardinalice est distincte ses deux beaux-frères,lui disputaient du caractère sacré que confère seule la ré<rence. l'ordination au sacerdoce ou à l'épis-

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