‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 222 sur 538 · Is., XXII, 21, 22. ayant épousé une femme d'une · texte numérisé non relu

Is., XXII, 21, 22. ayant épousé une femme d'une

2. M. Jacquinet croit devoir don- beauté extraordinaire, serait obligé ner u e signification peu ordinaire à néanmoins de vivre avec elle comme

ce mot, et il suppose que le passage, avec sa sœur autant est-il diffi-

non indiqué, de saint Chrysostome cile de garder la modération dans

autorisait cette interprétation. Puis- les dignités. » {Sur V Ambition. 1G61 ;

ou'nn critique aussi familiarisé avec voy. t. IV. p. 16. Cf. S. Chrys., Jn

la pensée de Bossuet s'est trompé 3/a<<A.. Hom., XL.)

sur cette phrase, il n'est pas super- 3. Il s'agit, non de paroles libres,

flu de l'expliquer par un rapproche- mais de l'aisance dans la conversa-

ment. Bossuet a dit ailleurs : « Tel tion. qu'est le péril d'un homme qui,

la sagesse. S'il sut soutenir le poids des affaires, il sut aussi les quitter et reprendre son premier repos. Poussé par la cabale ^, Chaville le vit tranquille durant^ plusieurs mois, au milieu de l'agitation de toute la France. La Cour le rappelle en vain ; il persiste dans sa paisible retraite, tant que l'état des affaires le put souffrir, encore qu'il n'ignorât pas ce qu'on machinait contre lui durant son absence ; et il ne parut pas moins grand en demeurant sans action, qu'il l'avait paru en se soutenant au milieu des mouvements les plus hasardeux. Mais dans le plus grand calme de l'État, aussitôt qu'il lui fut permis de se reposer des occupations de sa charge sur un fils, qu'il n'eût jamais donné au Roi ^ s'il ne l'eût senti capable de le bien servir; après qu'il eut reconnu que le nouveau secrétaire d'État savait avec une ferme et continuelle action suivre les desseins et exécuter les ordres d'un maître si entendu dans l'art de la guerre : ni la hauteur des entreprises ^ ne surpassait sa capacité, ni les soins infinis de l'exécution n'étaient au-dessus de sa vigilance ; tout était prêt aux lieux destinés, l'ennemi également menacé dans toutes ses places ; les troupes, aussi vigoureuses que disciplinées, n'attendaient que les derniers ordres du grand capitaine et l'ardeur que ses yeux inspirent ; tout tombe sous ses coups, et il se voit l'arbitre du monde : alors le zélé ministre, dans une entière vigueur d'esprit et de corps, crut qu'il pouvait se permettre une vie plus douce. L'épreuve en est hasardeuse pour un homme d'État, et la retraite presque toujours a trompé ceux qu'elle flattait de l'espérance du repos. Celui-ci fut d'un caractère plus ferme. Les Conseils où il assistait lui laissaient presque tout son temps ; et après cette grande foule d'hommes et d'affaires qui l'environnait, il s'était lui-même réduit à une espèce d'oisiveté et de solitude; mais il la sut soutenir. Les heures qu'il avait

1. C'est-à-dire poursuivi par la 3. Voy. dans la notice un trait haine des Frondeurs, et obligé de caractéristique, p. 827.

quitter la place. La régente s'était 4. Il était difficile de parler de

vue forcée un instant, en 1651, à Louvois sans louer ses hautes capa-

l'éloigner du Conseil.ïllle l'y rappe- cités. Son éloge et celui du Hoi sont

la bientôt. intercalés dans une phrase incidente.

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