Deforis: quelque chose de plus. Pour rovdinaire
de la peine et de la confusion de se voir ainsi à charge aux autres, ce qui les humilie et mortifie étrangement devant Dieu, dans la connaissance qu'il leur donne de leur fragilité : elles en ont de l'amertume de cœur, à moins qu'elles ne soient tout à fait aveugles sur ce défaut.
Et vous, esprits revêches, humeurs grossières et fâ~ cheuses, apprenez à vous vaincre et à être maîtresses de ces mouvements impétueux que produit en vous ce mauvais naturel que vous devez sans cesse combattre et détruire, pour vivre de la vie de la grâce en mourant à la nature. Et ne pensez pas dire, pour vous mettre à couvert, comme ces âmes lâches et imparfaites : Je ne saurais faire autrement, c'est mon humeur, car vous n'en serez pas quittes pour cela devant Dieu, puisque vous êtes obligées, selon les préceptes de Jésus-Christ dans l'Ëvangile, de vous mortifier et de travailler à renoncer à vous-mêmes tous les jours. Et Dieu n'a-t-il pas dit à Caïn \ au commencement du monde, de mortifier son humeur farouche, ses appétits déréglés, et de surmonter ses passions indomptées?
Voyez donc, mes chères Filles, la nécessité qu'il y a de veiller sur sa langue, quand on est obligé de converser ; et vous plus particulièrement qui, par votre institut, êtes souvent engagées à communiquer et parler avec les séculiers dans les occasions que vous procure l'instruction de la jeunesse qui vous est confiée, comme d'aller souvent au parloir visiter les parents des pensionnaires : car la bienséance et l'honnêteté, quelquefois même la nécessité, vous obligent d'avoir des entretiens avec ces personnes, et, outre cela, votre règle vous le permet ; comme aussi avec vos parents et d'autres de vos amies et connaissances. Mais c'est ici, chères Ames religieuses, qu'il faut surtout vous bien conduire et parler avec discrétion. Si jamais vous avez besoin du silence de prudence, c'est dans ces temps où il y a bien à perdre ou à gagner. Je vous en avertis, prenez-y garde, et comportez-vous-y d'une manière si édifiante que les gens du monde n'aient pas moins d'estime de