T. MICHAEL'S COLLEGE
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fronts et de cruautés, que disait ce doux Agneau? Hélas ! jamais la moindre parole d'impatience. Enfin, dans cette sanglante et douloureuse flagellation, où il est tout écorché et déchiré à coups de fouets et de nerfs de bœuf, qui font couler de toutes parts le sang de ses veines sacrées, ha ! quelle patience et quel silence fait paraître ce doux Jésus ! Il souffre tout cela sans rien dire : il n'ouvre pas seulement la bouche pour se plaindre de la cruauté de ses fiers bourreaux, qui ne sont pas encore contents de l'avoir traité si inhumainement ; ils prennent une piquante couronne d'épines, et lui percent jusqu'au cerveau. Jésus endure ce tourment comme les autres, dans un silence inviolable. 11 est conduit chez Hérode, qui désirait avec empressement de le voir, et s'en réjouissait ; mais Notre-Seigneur persévère constamment à garder son profond silence. Nonobstant qu'il sût bien qu'Hérode le pouvait délivrer d'entre les mains de ses ennemis, il ne dit mot cependant en sa présence, et ne proféra aucune parole ; chose étonnante ! et c'est avec sujet qu'un saint Père l'a appelé la victime du silence, puisque ce divin Jésus l'a consacré par sa patience durant sa Passion.
Mes chères Filles, que voilà un exemple digne de vos imitations et tout ensemble de vos admirations ! Voilà comme vous devriez en user lorsque vous êtes accusées, persécutées à tort ; comme aussi, dans le temps de l'affliction, il faut savoir souffrir en silence, avec patience, sans murmurer ni vous plaindre. Dans quelque état où Dieu permette que vous soyez, apprenez à y demeurer sans rechercher de vaines consolations parmi les créatures, dans tout ce qui vous fait peine ; mais prenez plutôt le parti du silence, et vous renfermez en vous-mêmes, afin que Notre-Seigneur vous donne intérieurement des forces, pour souffrir avec vertu et mérite. C'est dans ces occasions-là où il faut dire avec David : « Benuit consolarî anima mea ; memor fui Dei, et delectatns sum ^ : Mon âme a refusé toute consolation ; je me suis souvenu de Dieu, et j'ai trouvé ma joie. »