‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 26 sur 538 · POUR LA PROFESSION DE MADAME DE LA YALLIÈRE · texte numérisé non relu

POUR LA PROFESSION DE MADAME DE LA YALLIÈRE

tures qui auraient fait revivre les désordres du passé; l'orateur les écarta à dessein, et sut tout dire en une phrase aussi discrète qu'éloquente: « Qu'avons-nous vu et que voyons-nous? quel état, et quel état!... » Et certes pas un des auditeurs n'ignorait des scandales si publics; pas un à qui il fût nécessaire d'apprendre que celle qui serait désormais Sœur Louise de la Miséricorde avait été pendant cinq ans la maîtresse attitrée de Louis XIV. Tous peut-être ne savaient pas si exactement les obstacles de toute sorte que l'altière Montespan, qui lui avait succédé dans cette honteuse faveur, avait suscités à ses projets de retraite et de pénitence ^. Mais de telles confidences eussentelles convenu à la chaire chrétienne et au cloître austère où s'emprisonnait une victime volontaire, déjà purifiée par le plus sincère repentir ?

Le discours de l'évêque de Condom ne fut pas publié par luimême, et, s'il faut en croire Ledieu, il ne se reconnut point dans le texte qu'il put lire imprimé. La Bibliothèque de l'Arsenal possède un exemplaire d'une édition (jui doit être la première 2 ; or, la comparaison du texte de cette édition avec celui que nous donnons d'après une copie de la main d'un secrétaire, corrigée par Bossuet ^, révèle seulement de très légères différences, que nous signalerons *. Cette première édition est peut-être plus conforme à ce qui a été prononcé par l'orateur que le texte revisé par lui.

Nous avons en outre trois rédactions manuscrites de notre sermon, prises à l'audition. Aux divergences qu'elles présentent, on voit qu'elles ne viennent pas de la même source; c'est là une garantie de plus de leur exactitude, sinon pour le style, du moins pour le fond des choses ^. Or, même à ce point de vue, elles diffèrent des éditions. Il s'ensuit donc que l'orateur, en chaire, s'est écarté notablement de sa rédaction première ^.

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