‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 266 sur 538 · Yar. : sans lequel. de contre le mal qui me presse · texte numérisé non relu

Yar. : sans lequel. de contre le mal qui me presse

avant-coureurs des rigueurs inexorables de votre justice? Quel recours chercherai -je ^ ? [p. 15 J Non, mes Frères, il n'y a plus que le seul Sauveur qui nous puisse donner le moyen de respirer un moment. Ne dites pas avec les impies dont il est parlé dans le prophète : ce Le Seigneur ne nous fera ni bien ni mal : Non faciet hene Dominus, et non faciet maie ^. » Car aussi quel mal pouvons-nous lui faire, pour attirer ses vengeances? Occupé autour des cieux, dont il roule continuellement la grande ^ machine *, nos injures ne vont pas jusqu'à lui ; nos péchés, dont on dit qu'il est offensé, ne pénètrent pas jusqu'à lui. C'est ainsi que parle l'impie, et il se rassure sur son impuissance : ignorant, qui ne voit pas qu'au contraire quiconque ' est le vengeur [p. 16] de l'injustice, doit être au-dessus de ses attaques! C'est à cause que la règle est inaltérable que le tort et l'injustice se brise contre elle ; c'est à cause que la vérité est invincible que le mensonge et l'erreur sont confondus en sa présence. Le châtiment doit partir d'une main inaccessible aux injures : autrement, plus occupée à se défendre des crimes qu'à les punir, elle laissera triompher l'iniquité. A Dieu ne plaise! [si], sous un Dieu si saint, nos péchés pouvaient nuire au règne de Dieu, si nous pouvions affaiblir sa puissance par nos rébellions, ou blesser sa dignité par nos outrages,, il serait un vengeur trop peu redoutable. Mais, parce que son trône est hors d'atteinte, que la justice l'environne, que son jugement procède toujours en puissance et en vérité, malheur, malheur encore une fois, et malheur jusqu'à l'infini à quiconque pèche sous ses yeux !

[P. 19] Et cette vérité est si importante, qu'il fallait qu'elle parût dans le Sauveur même: c'est pour cela que Dieu fait paraître ^ un sauveur chargé de nos

1. C'est ici qu'il faut placer cette (( Cette belle fabrique du monde. »

phrase écrite au crayon, en marge. {Panég. de saint François d'Assise.)

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