‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 28 sur 538 · Cf. : « Celui qui règne dans les 5. L. : jusques au · texte numérisé non relu

Cf. : « Celui qui règne dans les 5. L. : jusques au

deux et de qui relèvent tous les 6. L. : et certainement il n'y a.

empires. )) ( Or. funèbre de la reine 7. État, condition. « Ainsi votre

d' Angleterre.) état ne changera jamais : nous vous

4. >StècZc/Wt<r, c'est-à-dire tout ce verrons toujours roi...)) (Pour le qui suivra le jugement dernier. jour de Pâques., plus loin, p. 07). (Marc, X, 30). Jésus-Christ est ap- 8. L. : le.

Ce qui se fait au dedans est encore plus nouveau, et moi, pour célébrer ces nouveautés saintes, je romps un silence de tant d'années ^, je fais entendre une voix que les chaires ne connaissent plus.

Afin donc que tout soit nouveau dans cette pieuse cérémonie, ô Dieu, donnez-moi encore ce style nouveau du Saint-Esprit, qui commence à faire sentir sa force toute-puissante dans la bouche des apôtres ^. Que je prêche comme un saint Pierre la gloire de Jésus-Christ crucifié ; que je fasse voir au monde ingrat avec quelle impiété il le crucifie encore tous les jours. Que je crucifie le monde à son tour ; que j 'en efface tous les traits et toute la gloire; que je l'ensevelisse, que je l'enterre avec Jésus-Christ ; enfin que je fasse voir que tout est mort, et qu'il n'y a que Jésus-Christ qui vive.

Mes Sœurs, demandez pour moi cette grâce ^ : ce sont ^ les auditeurs qui font les prédicateurs'', et Dieu donne par ses ministres des enseignements convenables *^ aux saintes dispositions de ceux qui écoutent. Faites donc, par vos prières, le discours qui doit vous instruire ^ ; et obtenez-moi les lumières du Saint-Esprit par l'intercession de la sainte Vierge. [^i;e, Marîa.J^

Nous ne devons pas être curieux de connaître distinctement ces nouveautés merveilleuses du siècle futur: comme Dieu les fera sans nous, nous devons nous en reposer sur sa puissance et sur sa sagesse. Mais il n'en est pas de même des nouveautés saintes qu'il opère au fond de nos cœurs. Il est écrit : Je vous donnerai un cœur nouveau ^, et il est écrit : Faites-voury un cœur nouveau ^ : de sorte que ce cœur nouveau qui nous est

1 . Ce silence n'avait pas été ab- 3. L. : pour moi cette grâce, soin, car on possède l'esquisse d'un 4. L. : demandez cette grâce pour Panégyrique de saint François d'As- moi : souvent ce sont.

sise, du 4 octobre 1670, et un ser- 5. La même idée est développée

mon pour le jour de la Pentecôte dans le sermon sur la Prédication

prêché devant la reine à Saint- ("t. III, p. 628), et sera reprise dans

Germain, le 5 juin 1672. On a vu le sermon sur l'Unité de V Église

Tuue et l'autre plus haut, p. 1 et 13. (p. 150).

2. Allusion au mystère de la Pen- Ç>. Convenables, proportionnés à, tecôte. Aussi l'édition de Lyon met- en rapport avec.

elle en note : « C'était la troisième 7. L. : qui vous doit instruire,

fête (c'est-à-dire le mardi, feria 8. Ezech., xxxvi, 26.

tertia), de la Pentecôte. » 9. Ihid., xviii, 31.

donné, c'est nous aussi qui le devons faire ; et comme nous devons y concourir par le mouvement de nos volontés, il faut que ce mouvement soit prévenu par la connaissance ^.

Considérons ^ donc, Chrétiens, quelle est cette nouveauté des cœurs, et quel est l'état d'où le Saint-Esprit nous tire. Qu'y a-t-il de plus ancien que de s'aimer ^ soi-même, et qu'y a-t-il de plus nouveau que d'être soi-même son persécuteur * ? Mais celui qui se persécute lui-même doit avoir vu quelque chose qu'il aime plus que soi-même : de sorte qu'il y a deux amours ^ qui font ici toutes choses. Saint Augustin les définit par ces paroles : « Amor sui usque ad contemptum Dei ; amor Dei usque ad contemptum sid^ : l'un est Vamour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu ; » c'est ce qui fait la vie ancienne et la vie du monde ; l'autre est '^ Vamour de Dieu poussé jusqu'au mépris de soi-même; c'est ce qui fait la vie nouvelle du christianisme, et ce qui, étant porté à sa perfection, fait la vie religieuse. Ces deux amours opposés feront tout le sujet de ce discours.

Mais, prenez bien garde. Messieurs, qu'il faut ici observer plus que jamais le précepte que nous donne l'Ecclésiastique : Le sage qui entend^ dit-il ^, une parole sensée, la lotie et se l'applique à lui-même ^ : il ne regarde pas à droite et à gauche à qui elle peut convenir ; il se l'applique à lui-même, et il en fait son profit ^°. Ma Sœur, parmi les choses que j'ai à dire, vous saurez bien démêler ce qui vous est propre. Faites-en de même. Chrétiens ; suivez avec moi l'amour de soi-même dans tous ses excès, et voyez jusqu'à quel point il vous a gagnés par ses douceurs dangereuses. Considérez ensuite une âme qui, après s'être ainsi égarée, commence ^^

1. Ph. : par le mouvement de la l'im, c'est ... ; l'autre, c'est ... — grâce. S'enchevêtrait avec les deux autres

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