DISCOURS SUR LA MORT
ce que je vous dis. Cet acte est grand, il est parfait ; mais en même temps je dis qu'il doit être fait fort simplement. Il n'y a rien de si simple que cet acte, adhérer à la vérité, consentir à la vérité, se rendre à la vérité, se soumettre à la vérité. Mais cet acte doit être fait sans effort, par un retour de tout le cœur vers Dieu. Il doit être — je cherche un terme pour m 'expliquer — il doit être affectueux, tendre, sensible. Me comprenez-vous? mais me comprends-je bien moimême? Car c'est un certain mouvement du cœur, qui ^ n'est point sensible de la sensibilité humaine, mais qui naît de cette joie pure de l'Esprit, de cette joie du Seigneur qu'on ne peut exprimer.
Et partant réjouissez-vous, et dites seulement en tout temps : Je consens, mon Dieu, à toute la vérité de votre Être ; je fais mon bonheur de ce que vous êtes ^ : c'est ma béatitude anticipée ; c'est mon paradis à présent, et ce sera mon paradis dans le paradis. Amen.