Ps. xciv
A Meaux, 1691.
Le pieux désir d'une religieuse de Jouarre, M"^® de Lusancy, nous a valu la conservation de ce sermon i. Ne pouvant naturellement assister aux prédications de l'évêque de Meaux dans sa cathédrale (Saint-Étienne) , elle avait souhaité avoir pour son édification une copie du discours prononcé le 25 décembre 1691. Bossuet, qui n'écrivait plus ses sermons à cette époque, fut obligé de dicter celui-ci, après avoir dit. Une note de Ledieu, son secrétaire, portait textuellement : « Cette copie faite de ma main est l'original même du sermon, dont l'auteur n'avait rien écrit, et qu'il me dicta depuis, à Versailles, en deux ou trois soirées, pour Jouarre, où il l'avait promis. Il l'y envoya en effet à M"»® de Lusancy Sainte-Hélène... » Nous avons la lettre d'envoi -, du 8 janvier 1692. Après s'être excusé de se servir dans cette lettre même d'une main étrangère, pour épargner sa tête a appesantie par le rhume, » il avertit délicatement la pieuse recluse qu'elle va lire un sermon peu conforme à son état, « puisqu'il attaque les pécheurs les plus endurcis ; » mais il faut, ajoute-t-il, « que les âmes les plus innocentes apprennent à gémir pour eux dans la retraite, et qu'en voyant leurs excès, elles s'accoutument à rendre grâces à Dieu des miséricordes qu'elles en ont reçues. » « Vous ne laisserez pas, lui dit-il encore, de voir dans ce sermon les plus utiles sentiments où l'on puisse entrer à la vue des mystères de Jésus- Christ... » — Espérons qu'il en sera de même des modernes lecteurs.
Celui-ci^, cet enfant qui vient de naître, dont les anges célèbrent la naissance, que les bergers viennent adorer dans sa crèche, que les Mages viendront bientôt rechercher des extrémités de l'Orient, que vous verrez dans quarante Jours présenté au Temple et mis entre