Adverbe ajouté ici. dans
par l'indépendance et par la plénitude de l'être. Sortie de son* état, pour avoir voulu être heureuse indépendamment de Dieu, elle ne peut ni conserver son ancienne et naturelle félicité, ni arriver^ à celle qu'elle poursuit vainement. Mais, comme ici son orgueil la trompe, il faut lui faire sentir par quelque autre endroit sa pauvreté et sa misère. Il ne faut pour cela que la laisser quelque temps à elle-même: cette âme, qui s'est tant aimée et tant cherchée, ne se peut plus supporter. Aussitôt qu'elle est seule avec elle-même, sa solitude lui fait horreur : elle trouve en elle-même ^ un vide infini que Dieu seul pouvait remplir : si bien qu'étant séparée ^ de Dieu, que son fond réclame sans cesse, tourmentée par son indigence, l'ennui la dévore, le chagrin la tue ^ ; il faut qu'elle cherche des amusements au dehors, et jamais elle n'aura de repos si elle ne trouve de quoi s'étourdir : tant il est vrai que Dieu la punit par son propre dérèglement, et que, pour s'être cherchée elle-même % elle devient elle-même *^ son supplice ! Mais elle ne peut pas demeurer en cet état, tout triste qu'il est : il faut qu'elle tombe encore plus bas ; et voici comment.
Représentez-vous un homme qui est né dans les richesses et qui "^ les a dissipées par ses profusions : il ne peut souffrir sa pauvreté. Ces nmrailles nues, cette table dégarnie, cette maison abandonnée ^ oii on ne voit plus cette foule de domestiques, lui fait peur ; pour se cacher à lui-même sa misère, il emprunte de tous côtés ^ ; il remplit par ce moyen, en quelque façon, le vide de sa maison et soutient l'éclat de son ancienne abondance : aveugle et malheureux, qui ne songe pas que tout ce qui l'éblouit menace sa hberté et son repos ^^ ! Ainsi l'âme raisonnable, née riche par les biens que lui avait donnés