‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 356 sur 538 · A, L : Mais le Jubilé. qui a été ici adoptée · texte numérisé non relu

A, L : Mais le Jubilé. qui a été ici adoptée

5. N". — Edit. : que nous méritons 10. Luc, vu, 47. par nos crimes. — A, L : que nous 11. A : et qu'aimant, méritions.

Sermons de Bossuet. — VI. oo

cette peine d'avoir commis un péché mortel, cent péchés mortels, un nombre infini de péchés mortels ^. C'est pour ceux en qui cette peine intérieure de la pénitence s'augmente ^, c'est pour ceux-là, mes bien-aimés, que l'Inclulgence est accordée. Ceux qui font la pénitence indifféremment, comme parle le saint concile de Nicée , il n'y a point d'Indulgence pour eux. L'esprit de l'Église est d'accorder l'Indulgence à ceux qui sont pénétrés et comme accablés par la douleur ^ de leurs crimes. Mais je veux remonter encore plus haut, et vous remettre devant les yeux l'exemple de saint Paul. C'est la pénitence imposée et l'Indulgence accordée à ce Corinthien incestueux, qui a donné lieu à l'excellente doctrine que je vous ai rapportée de ce grand apôtre sur la tristesse de la pénitence. Saint Paul avait prononcé contre ce pécheur scandaleux une dure sentence ^, jusqu^à le livrer à Satan, pour V affliger selon la chair et le sauver selon Vesprit^. L'Église de Corinthe, vivement touchée du reproche que saint Paul '^ lui avait fait de souffrir un si grand scandale au milieu d'elle, avait mis ce pécheur en pénitence ; et, depuis, touchée de ses larmes, elle en avait adouci la rigueur ^, suppliant le saint apôtre d'agréer ce charitable adoucissement. Et sur cela, voici l'Indulgence qu'accorda saint Paul, voici le premier exemple de cette Indulgence apostolique qui a été de tous temps si prisée et si estimée dans l'Église : Hé bien ! dit-il. c'est assez que ce ^ pécheur scandaleux ait reçu la correction, ait subi la peine que vous lui avez imposée dans votre assemblée, par la multitude, dit-il, par l'Église, par les pasteurs ^^, avec le consentement de tout le peuple ; car c'est sans doute ce que veulent dire ces mots ^^ : Suffîcit... ohjurgatio

1. Six mots omis dans la copie de 5. K — Édit. : une dure et Juste Nancy.Cet accident s'explique par la sentence. — II faudrait : mais juste. ressemblance de la fin du membre D'ailleurs ce correctif s'accorde mal de phrase qu'on venait de trans- avec ce qui suit.

crire. 6. I Cor., v, 5.

2. A, L : en qui cette peine inté- 7. A : que cet apôtre, rieure s'augmente. 8. A, L : les saintes rigueurs.

3. Can. XII (Labb.. t. II, col. 42). 9. N. — Édit. : le pécheur scan-

4. A N: par le regret... — C'est daleux. — L : ce pécheur scandala variante de D et L. Nous ne lenx. — A : ce pécheur.

voyons aucune raison de la préférer 10. A : ou par les pasteurs,

au texte. H. A : ces paroles.

hœc, quœ fit a pluribus \ Ainsi, loin de trouver mauvais ce que votre charité a fait pour lui, et l'adoucissement de sa peine, je vous exhorte au contraire de^ le traiter avec indulgence, de le consoler par ce moyen dans l'extrême confusion et affliction que lui cause son crime; « de peur, dit ce saint apôtre^, qu'il ne soit accablé par un excès de tristesse : Ne forte ahundantiori institut ahsorheattir^. »

Vous voyez maintenant, mes bien-aimés, ce qui le rendit digne de l'indulgence de l'Église et de saint Paul ; c'est que, s 'étant livré sans bornes à cette tristesse salutaire de la pénitence, il s'y plongea jusqu'à faire craindre qu'il n'en fût accablé ^, que sa douleur ne l'absorbât, ne ahsorheatur, ne l'abîmât, en sorte qu'il ne la pût pas supporter. Livrez-vous donc, à son exemple, à la douceur de la pénitence, afm de vous rendre dignes de l'indulgence, des consolations, de la charité® de l'Église.

Mais, mes Frères, n'oubliez pas un caractère de cette tristesse qui est selon Dieu '', marqué par saint Paul dans le passage que nous traitons. La tristesse qui est selon Dieu produit, dit-il, une pénitence : mes Frères, quelle pénitence ? « une pénitence stable ^ : pœnitentiam... stohilem ^ ; » non pas de ces douleurs passagères que la première attaque des sens et de la tentation ' ^ emporte aussitôt et sans résistance : cette tristesse produit la mort, aussi bien que celle du siècle, parce qu'elle n'a servi au pécheur que pour lui faire faire une confession qui, n'ayant point eu de bons effets, n'en peut avoir eu que de très mauvais, en donnant lieu à une rechute plus dangereuse que le premier mal ^^. La pénitence que je vous demande est une pénitence durable, affermie sur de solides maximes et sur une épreuve convenable. Et en quoi consiste sa stabilité?

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