Op. cit., XIV : Pares anima su- ti in caliginoso loco
mus, non disciplina. 4. Ms. : notre glorieux martyr a.
l'Empire et lui avaient fait occuper la plus belle fonction de l'armée? Ah! Messieurs, qui pourrait n'être pas saisi de frayeur? Mais, d'autre côté, qui ne serait pas charmé de si glorieux avantages? Ah! qu'il paraît bien, mon Dieu, que votre grâce est victorieuse, et quand elle veut triompher d'un cœur, il n'y a rien qui soit capable de s'opposer à ses conquêtes. Notre saint surmonte tous les obstacles, et comme il fait gloire de prêcher un Dieu crucifié, dépouillé, nu, abandonné et mis à mort en croix, il n'y a rien qui soit capable de l'intimider ; il se présente hardiment devant le tribunal de cet idolâtre et avec une sainte effronterie digne d'un soldat chrétien, répond courageusement que sa religion lui fait espérer d'autres biens que ceux que les princes de la terre lui peuvent promettre ; que ceux-ci sont sujets au caprice de la fortune ; mais que la foi lui en fait connaître qui ne sont sujets à aucuns défauts. Et parce qu'étant armé des armes de la lumière, suivant le conseil de saint Paul, induamur arma lucis (Rom., XIII, 12), il ne veut que cette belle vertu pour surmonter et les tourments et les avantages, et voyant que la splendeur de la foi est capable d'éclairer les plus aveugles au milieu de leurs ténèbres, il fait voir clairement à l'empereur quel est l'excès de son injuste cruauté et lui découvre la vanité de ses idoles.
Je me persuade que vous vous imaginez qu'une foi si généreuse et si persévérante dans son progrès, le soit aussi dans sa fin. Ce n'est qu'à cette persévérance que se donne la couronne, et comme on ne triomphe jamais qu'on n'ait surmonté tous ses ennemis, aussi on ne mérite point la gloire qu'on n'ait résisté jusques à la mort aux ennemis de la foi : Qui perseveraverit usque in finem, hic salvus erit (Matth., x, 22). Le trône de Dieu ne se donne qu'aux victorieux, et jamais on ne porte cette qualité qu'après de grands combats : Qui vicerit, daho ei sedere mecum (Apoc, m, 21).
L'empereur se pouvait flatter jusques à cette heure de pouvoir faire changer de sentiment à son colonel, et s imaginant que sa religion n'était qu'une pure rêverie et qu'il la quitterait bientôt, c'est pourquoi il commande qu'on l'amène. Et ce incontinent, après l'avoir
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outrai» é de paroles, Dioclétian commanda qu'on l'attachât à un poteau et que les gardes de son corps le perçassent de flèches. Mais cette circonstance est trop considérable pour la laisser sous silence. C'est pourquoi elle doit être le sujet d'une réflexion plus importante. Après vous avoir montré la grandeur de la foi de notre saint, voyons dans cette dernière partie la violence de son martyre et l'excès de son courage, qui me fait dire qu'il a été un soldat invincible au milieu des rigueurs de son supplice et un mai'tyr victorieux dans l'état de sa mort ! Un peu d'attention.
Second Point.
C'est une chose surprenante de voir la conduite de Dieu à l'égard des saints, et d'examiner la manière dont il s'est servi et les moyens qu'il a employés pour leur faire mériter la plus belle de toutes les gloires. Comme il a une [providence] pour ses élus,... afin ' que tout ce qui semblait davantage leur lavir l'éclat de la réputation, contribuât à les rendre recommandables par toute la terre. D'où vient que saint Augustin, expliquant ce passage de l'Apôtre qui dit que « toutes choses tournent en bien à ceux qui aiment Dieu : DUigentîbus Deum omnia cooperantur in honum y) (Rom., viii, 28), il ose bien assurer que le péché, pour énorme C(u'il soit, sert néanmoins d'instrum.ent à leur gloire. Il n'y a jamais eu de péché plus abominable devant Dieu que la persécution de l'innocence; jamais de crime plus énorme devant ses yeux que la cruauté de tyrans qui, emportés d'un faux zèle, tournent toute leur rage contre les serviteurs de Dieu. Car les persécuteurs devaient s'attaquer à Dieu, puisqu'ils lui étaient unis inséparablement, non seulement par la grâce de nature, mais encore par le lien de la foi et de la charité. Mais néanmoins, ce péché, tout énorme qu'il est, contribue à leur gloire et semble avoir servi de sujet à leur triomphe.
La pensée de TertuUien ^ me ravit encore davantage. Je vous prie de la bien entendre. Ce grand honnne, qui