‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 403 sur 538 · Ph.: par les mouvements de nos · texte numérisé non relu

Ph.: par les mouvements de nos

DE :m""' de la vallière. 573

qui se hait soi-iiieuie, qui se persécute soi-même et qui se fait la i>uerre à soi-même.

Mais il y a quelque chose de plus excellent, comme dit saint Augustin \ et c'est qu'il y a deux amours différents qui font cet ancien et ce nouvel état : Amor mi mquc ad contemptum Dei; amor Dei mque ad ccmtemptum -^ui : ces deux amours, Messieurs, sont l'amour de soi-même et puis l'amour de Dieu. \ oilà, d'un côté l'amour de soi-même poussé, jusciu'à (luel excès? jusqu'au mépris de Dieu, et voilà l'ancienne corruption de la nature, voilà l'état ancien où l'amour de soi-même l'a mis. Mais quel est le nouvel état? C'est un amour nouveau opposé à cet amour ancien; c'est, en un mot, qu'à l'amour de soi-même poussé jusqu'au mépris de Dieu, il faut opposer l'amour de Dieu et le pousser jusques au mépris de soi-même : le premier sera l'amour du mondain, le second sera l'amour du chrétien. Voilà donc l'excès épouvantable que produit l'amour de soimême dans le cœur du mondain, et c'est la haine et le mépris de Dieu ; mais en même temps voyez l'excès ravissant et tout à fait admirable que l'amour de Dieu doit produire dans le cœur du chrétien, et c'est le mépris et la haine de soi-même, et voilà le comble et la perfection de la vie religieuse, à laquelle vous aspirez, ma chère Sœur; c'est un mouvement saint qui pousse l'amour de Dieu jusqu'à ce louable et s^énéreux excès, (^. 'est-à-dire jusqu'au mépris de soi-même, et voilà ce que vous faites aujourd'hui.

Mais au moins souvenez-vous. Chrétiens, que vous êtes obligés de pratiquer ce précepte que nous donne l'Ecclésiastique : Uhomme sage, dit-il, quand il entend une parole bien sensée, récoute attentivement, il la recueille soigneusement, et il se rapplique à lui-même, et ad se adjicit ^ ; il ne la tourne ni à droit ni à gauche, il ne l'attribue ni à celui-ci, ni à celui-là, mais il cherche simplement à se l'appliquer. Je sais bien à qui je parle, ma chère Sœur, et sans que je fasse une application plus particulière, vous saurez bien démêler ce qui vous appartient; et vous. Messieurs, vous saurez

1. De Civitate Dei, lib. XIV, cap. "2. Eccli.. XXT. 18. La Yiilgate : et

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