Numer., xv, 39. 2. Texte introuvable. Cf. p
L'avarice, dit saint Paul, ou la convoitise des biens est la racine de tous les maux, et pourquoi? parce que, dans l'or et dans l'argent, on trouve de quoi contenter toutes ses passions. Par le moyen de l'or et de l'argent, je peux satisfaire mon ambition, je puis m 'élever aux plus hautes charges et aux plus grands honneurs, enfin je puis goûter toute sorte de plaisir, et partant l'Apôtre a eu raison de dire : Radioc omnium malorum est cupiditas ^, que la faim insatiable des biens et des richesses est la source et la racine de tous les maux. Mais tout cela n'est pas encore capable de la contenter. Oh ! qu'il faut que la misère de cette âme soit grande et que sa plaie soit profonde î
Mais peut-être que les passions les plus nobles auraient de quoi la remplir? Amenons donc et faisons venir ici, pour la détromper, les plus grands hommes du monde ; faisons paraître en ce lieu les Césars et les Alexandres, et voyons si ce grand Alexandre, avec tout ce qu'il a fait, a réussi dans toutes ses entreprises et s'il a satisfait tous ses désirs. Pauvre qu'il est en lui-même, il veut être enrichi des dépouilles du monde tout entier et honoré de la conquête de tout l'univers ; il veut porter partout la gloire de ses exploits et semer partout le bruit de sa renommée. Mais que fait Dieu pour le punir de son orgueil? Il lui donne tout ce qu'il souhaite. Il a voulu faire grand bruit et grand éclat, il a porté son nom depuis l'orient jusqu'à l'occident ; les éloges ne lui ont pas manqué, mais il manque lui-même aux éloges. Les plaisirs ne lui ont pas aussi manqué ; mais, avec tous ses plaisirs, il est enseveli dans les flammes éternelles. Et ces grands politiques étaient tellement infatués de leurs faux brillants^ qu'ils se sont tous perdus. Écoutez saint Augustin : « Voici, dit-il, ce que Dieu a fait pour punir tous ces ambitieux, et voilà ce qu'ont fait tous ces pauvres réprouvés : ils ont demandé de grands biens, de grands honneurs et de grands plaisirs, et ils ont eu tout ce qu'ils demandaient. Y a-t-il conviction plus grande, plus forte et plus certaine que Dieu les a rendus pauvres et faibles par l'accord même