‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 43 sur 538 · Is., III, 18-24. ■ les honneurs..., elle en voit · texte numérisé non relu

Is., III, 18-24. ■ les honneurs..., elle en voit

8. Un trait indique l'intention de 14. L. : elle regarde les honneurs retrancher ici quatre mots, qui sont que le monde vante, et aussitôt elle maintenus dans les éditions : a et en connaît le fond.

ces vestes, et » L. conserve : (( et

Sermons de Bossnet. — VI. 4

les disputes, et les jalousies, et tous les maux qu'il entraîne : elle voit en même temps que si ces honneurs ont quelque chose de solide, c'est qu'ils oblig'ent de ^ donner au monde un grand exemple. Mais on peut, en les quittant, donner un exemple plus utile ^ ; et il est beau, quand on les a, d'en faire un si bel usage. Loin donc, honneurs de la terre ! Tout votre éclat couvre mal nos faiblesses et nos défauts ; il ne les cache qu'à nous seuls, et les fait connaître à tous les autres ^. Ha 1 j'aime mieux avoir la dernière place dans la maison de mon Dieu, que de tenir les plus hauts rangs dans la demeure des pécheurs^.

I/âme se dépouille, comme vous voyez, des choses extérieures ; elle revient de son égarement et commence à être plus proche d'elle-même. Mais osera-t-elle toucher à ce corps si tendre, si chéri, si ménagé? N'aurat-on point de pitié ^ de cette complexion délicate? Au contraire, c'est à lui principalement que l'âme s'en prend, comme à son plus dangereux séducteur. J'ai, dit-elle, trouvé une victime : depuis que ce corps est devenu mortel, il semblait n'être devenu pour moi qu'un embarras et un attrait qui me porte ^ au mal ; mais la pénitence me fait voir que je le puis mettre à un meilleur usage. Grâces à la miséricorde divine, j'ai en lui de quoi réparer mes fautes passées. Cette pensée la sollicite à ne plus rien donner à ses sens : elle leur ôte tous leurs plaisirs, elle embrasse toutes les mortifications, elle donne au corps une nourriture peu agréable, et afin que la nature s'en contente, elle attend que la nécessité la rende supportable. Ce corps si tendre couche sur la dure ; la psalmodie de la nuit et le travail de la journée y attirent le sommeil ^, sommeil léger qui n'appesantit pas l'esprit et n'interrompt presque point ses actions. Ainsi toutes les fonctions, même de la nature, commencent dorénavant à devenir des opérations de la grâce ^. On déclare une guerre immortelle et irré-

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