I. — De Dieu et du culte qui lui est du
Autant ^ que nous sommes purs, autant pouvons-nous imaginer Dieu ; autant que nous nous le représentons, autant devons-nous l'aimer ; autant que nous l'aimons, autant ensuite nous l'entendons.
En ^ cette vie, il faut en partie que Dieu descende à nous; c'est ce qu'il fait par la révélation. Il faut aussi que nous montions à lui ; c'est ce que nous faisons par la foi. Sans cela, nous n'aurions jamais de société avec Dieu ; cette bonté inestimable demeurerait comme resserrée en elle-même, et l'homme resterait éternellement dans son indigence.
Porro ^ unum est necessarium ^. Toute multiplicité est ici foudroyée. Il faut que tout soit ravagé, pour nous ramener à cette heureuse unité qui fait notre santé et notre bonheur.
Dieu ^ nous cherche quand nous le cherchons : Trahe me ; post te curremus ^. Il ne nous quitte jamais le premier ; mais il faut faire effort pour le retenir ; autrement, il se retire, et nous tombons dans l'abîme. In '^ regionem longinquam ^.
Si ^ nous avons sincèrement cherché notre Dieu, disons donc : Tenui eum, nec dîmittom ^°. Qu'est-ce que ce Tenui? Ce sont les bons mouvements, les attraits de la grâce, les instructions, tout ce qui nous parle de Jésus-Christ : s'en souvenir, en converser, se renouveler dans l'amour des vérités saintes, dans le désir d'y conformer ses sentiments et sa conduite ; se tenir ainsi toujours inviol ablement attaché à Jésus-Christ, afin qu'après avoir dit avec vérité durant le cours du voyage :