Révolter.! faire révolter, porter chant, à la révolte
divin ; elle rappelle sa connaissance et son amour à leur ^ usage primitif. C'est alors que nous pouvons dire avec David : O Dieu, votre serviteur a trouvé son cœur pour vous faire cette prière^. L'âme, si longtemps égarée dans les choses extérieures, s'est enfin trouvée ^ ellemême ; mais c'est pour s'élever au-cjessus d'elle^ et se donner tout à fait à Dieu.
Il n'y a rien de plus nouveau que cet état, où l'âme, pleine de Dieu, s'oublie elle-même. De cette union avec Dieu on voit naître bientôt en elle toutes les vertus. Là est la véritable prudence ; car on apprend à tendre à sa fin, c'est-à-dire à Dieu, par la seule voie qui y m-ène, c'est-à-dire par l'amour. Là est la force et le courage, car il n'y a rien qu'on ne souffre pour l'amour de Dieu. Là se trouve la tempérance parfaite, car on ne peut plus goûter les plaisirs des sens qui dérobent à Dieu les cœurs et l'attention des esprits. Là on commence à faire justice à Dieu, au prochain et à soimême : à Dieu, parce -qu'on lui rend tout ce qu'on lui doit, en l'aimant plus que soi-même ; au prochain, parce qu'on commence à l'aimer véritablement, non pour soi-même, mais comme soi-même, après qu'on a fait l'effort de renoncer à soi-même^; enfin, on se fait justice à soi-même, parce qu'on se donne de tout son cœur à qui on appartient naturellement ; mais, en se donnant de la sorte, on acquiert le plus grand de tous les biens, et on a ce merveilleux avantage d'être heureux par le même objet qui fait la félicité de Dieu.
L'amour de Dieu fait donc naître toutes les vertus; et pour les faire subsister éternellement, il leur donne pour fondement l'humilité. Demandez à ceux qui ont dans le cœur quelque passion violente s'ils conservent quelque orgueil ou quelque fierté en présence de ce qu'ils aiment : on ne se soumet que trop, on n'est que trop humble. L'âme ^ possédée de l'amour de Dieu, transportée par cet amour hors d'elle-même, n'a garde