L. : de soi-même. soi-même
5. L. : parce qu'après qu'on a fait 6. L. : L'âme donc possédée.
de songer à elle ^, ni par conséquent de s'enorgueillir ; car elle voit un objet au prix duquel elle se compte pour rien, et en est tellement éprise qu'elle le préfère à ellemême ^, non seulement par raison, mais par amour.
Mais voici de quoi l'humilier ^ plus profondément encore. Attachée à ce divin objet, elle voit toujours au-dessous d'elle deux gouffres profonds, le néant d'où elle est tirée '^, et un autre néant plus affreux encore ^, c'est le péché, où elle peut retomber sans cesse, si peu qu'elle s'éloigne^ de Dieu, et qu'elle l'oblige de la quitter. Elle considère que, si" elle est juste, c'est Dieu qui la fait telle continuellement. Saint Augustin "' ne veut pas qu'on dise que Dieu nous a faits justes, mais il dit qu'il nous fait justes à chaque moment. Ce n'est pas, dit-il, comme un médecin qui, ayant guéri son malade, le laisse dans une santé qui n'a plus besoin de son secours ^ ; c'est comme l'air qui n'a pas été fait lumineux pour le demeurer ensuite par lui-même ®, mais qui est fait tel continuellement par le soleil. Ainsi l'âme attachée à Dieu sent continuellement sa dépendance, et sent que la justice qui lui est donnée ne subsiste pas toute seule, mais que Dieu la crée en elle à chaque instant ^^' : de sorte qu'elle se tient toujours attentive ^^ de ce côté-là ; elle demeure toujours sous la main de Dieu, toujours attachée au gouvernement et comme au rayon de sa grâce. En cet état, elle se connaît, et ne craint plus de périr, de la manière dont elle le craignait auparavant : elle sent ^^ qu'elle est faite pour un objet éternel, et ne connaît plus de mort que le péché.
Il faudrait ici vous découvrir la dernière perfection de l'amour de Dieu ; il faudrait vous montrer cette âme
1. L : de soi-même... à soi. mn secours, o L.: qui n'a plus besoin