VIII. — Punition et peine du péché
Dieu ^ punit les pécheurs : premièrement, médicinalement pour eux, de peur qu'ils ne se délectent dans le péché, et que, devenus incorrigibles, ils ne meurent dans Timpénitence ; secondement, exemplairement pour les autres ; troisièmement, par une contrariété naturelle, par la répugnance nécessaire qu'il a au péché : naturelle et par conséquent infinie ; nécessaire et par conséquent éternelle.
J'entrerai^ en jugement avec vous, dit le Seigneur; j^ entrerai en jugement avec les enfants de vos enfants : car passez aux îles de Céthim, et voyez sHI s^y est fait quelque chose de semblable. Y a-t-il quelque nation qui ait changé ses dieux, qui certainement ne sont point des dieux; et cependant mon peuple a changé sa gloire en de vaines idoles ^. Dieu condamne avec autorité, convainc par la comparaison des uns avec les autres ; il iconfond le pécheur en lui montrant quel abus il a fait àe ses grâces.
Vous ^ avez surpassé Vune et Vautre, Samarie et Soâome, par vos abominations^... Il semble que les infidèles s'élèveront contre les chrétiens qui ont méprisé tous les moyens de salut qui leur étaient offerts. Seigneur, diront-ils, voilà votre peuple : que lui a servi d'avoir été éclairé de vos lumières? quel usage a-t-il fait de tous vos dons ? Pour nous, si nous ne vous avons pas adoré, c'est que nous ne vous avons pas connu. Ils sont justifiés par comparaison ; mais Dieu ne laisse pas de les juger. Touché de leurs cris, il fait tomber sur les fidèles le surcroît de peine qui est diminué par leur ignorance. Ils semblent justifiés à proportion, dirai-je; leur supplice semble n'être rien à comparaison : Dieu, dans rétendue de sa puissance, sait bien trouver des règles dans la même peine.