Ph.: Finissons, Messieurs. Vous 4. L. : en finissant
êtes venus pour assister à ce grand 5. Propose, expose, mets sous les
spectacle de piété et de religion. yeux.
Vous avez vu l'âme égarée en tous 6. De la grille supérieure, où M"e
ses pas, et tellement égarée qu'elle de La Vallière se trouvait avec la
s'est abandonnée elle-même. Mais Reine. (Deforis.)
vous l'avez vue en même temps 7. L. : Dieu d'une manière bien
revenir sur ses pas. Qu'est-ce donc sublime.
maintenant que vous avez à faire ? 8. L. : Oui, sans doute, il faut que
C'est de vous examiner et de voir le monde nous désabuse du monde.
si vous pouvez suivre ses pas. Que 9. L. : bigearreries.
goûter. — Hé î dites-vous, je ne suis ^ que trop dégoûté: tout me dégoûte en effet, mais rien ne me touche ; le monde me déplaît, mais Dieu ne me plaît pas pour cela. — Je connais cet état étrange, malheureux et insupportable, mais trop ordinaire dans la vie. Pour en sortir, âme chrétienne ^, sachez que qui cherche Dieu de bonne foi ne manque jamais de le trouver ; sa parole y est expresse : Celui qui frappe, on lui ouvre ; celui qui demande, on lui donne; celui qui cherche, il trouve infaUlihlement ^ . Si donc vous ne trouvez pas, sans doute vous ne cherchez pas. Remuez jusqu'au fond '^ de votre cœur: les plaies du cœur'' ont cela qu'elles peuvent être sondées jusqu'au fond ^, pourvu qu'on ait le courage de les .pénétrer. Vous trouverez dans ce fond un secret orgueil qui vows fait dédaigner tout ce qu'on vous dit et tous les sages conseils ; vous trouverez un esprit de raillerie inconsidérée, qui naît parmi l'enjouement des conversations. Quiconque en est possédé croit que toute la vie n'est qu'un jeu : on ne veut que se divertir, et la face de la raison, si je puis parler de la sorte, paraît trop sérieuse et trop chagrine.
Mais à quoi est-ce que je m'étudie? A chercher des causes secrètes du dégoût que vous ' donne la piété ? Il y en a de plus grossières ^ et de plus palpables : on sait quelles sont les pensées qui arrêtent le monde ordinairement. On n'aime point la piété véritable, parce que, contente des biens éternels, elle ne donne point d'établissement sur la terre, elle ne fait point la fortune de ceux qui la suivent. C'est l'objection ordinaire que font à Dieu les hommes du monde ^ ; mais il y a répondu d'une manière digne de lui par la bouche du prophète Malachie : Vos paroles se sont élevées contre moi, dit le Seigneur, et vous avez répondu : « Quelles paroles avons-nous proférées contre vous ? » Vous avez dit : (( Celui qui sert Dieu ^° se tourmente en vain. Quel bien