Deforis, cxLVii. 7. Eccli., xxx
montre tel aux particuliers qu'il voudrait qu'ils fussent à son égard, si eux étaient princes, et lui particulier .- Mais les princes ont bien de la peine à se mettre en comparaison : ils croient que tout leur est dû ; et cependant ils doivent plus qu'on ne leur doit. Je suis, disentils souvent, et en eux-mêmes et par leur conduite, et il n'y a que moi sur la terre \ — Dieu châtie les injustice» des rois après leur mort.
La ^ justice, dans un souverain, demande de la fermeté et de l'égalité. Trois vertus sont comme les sœurs de la justice qui doit le caractériser : la constance, la prudence, la clémence ^ ; la première, pour raffermir dans la volonté de suivre la loi ; la seconde, pour le discernement des faits ; la troisième, pour supporter les faiblesses, et lui apprendre à tempérer en certaines choses la rigueur de la loi.
Il ^ est plus beau d'être vaincu par la justice que de triompher par les armes : car, lorsque nous sommesvaincus par la justice, la raison triomphe en nous, qui est la principale partie de nous-mêmes ; et c'est alors que les rois sont rois, quand ils font régner la justice sur eux-mêmes : Quia, dit le même auteur dans le même lieu ^, regni deciis est œquitatis affectus.
^ Un ^ prince doit faire des conquêtes dans son propre Etat, en les ^ gagnant à soi, en les gagnant à Dieu et à la justice, [en] déracinant les vices.