‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 516 sur 538 · XXXIV. — Du Corps · texte numérisé non relu

XXXIV. — Du Corps

I.e ^ corps n'est qu'une victime que la charité consacre ; en l'immolant, elle le conserve, afin de le pouvoir toujours immoler; une masse de boue, qu'on pare d'un léi>er ornement à cause de l'âme qui y demeure. Si un roi était obligé de demeurer dans quelque pauvre maison, [il lui procurerait un] ornement passager, C[uelque rayon de la magnificence royale. Ainsi cette terre et cette poussière est revêtue de quelque éclat en faveur de l'âme c[ui doit y habiter quelque temps : toutefois c'est toujours de la poussière, qui, au bout de quelque temps ^ , retombera dans la première bassesse de sa naturelle corruption.

Plût '^ à Dieu que je m'ensevelisse avec Jésus-Christ pour être son cohéritier ! Car que faisons-nous ^, Chrétiens, que faisons-nous autre chose, lorsque nous flattons ce corps, que d'accroître la proie de la mort, lui enrichir son butin, lui engraisser sa victime? Pourquoi m'es-tu donné, ô corps mortel, fardeau accablant, soutien nécessaire, ennemi flatteur, ami dangereux, avec lequel je ne puis avoir ni guerre, ni paix, parce qu'à chaque moment il faut s'accorder et à chaque moment il faut rompre? O inconcevable union, et aliénation non moins surprenante ! Malheureux homme que je suis ! Et vous vous attachez à ce corps mortel, et vous bâtissez sur ces ruines, et vous contractez avec ce mortel une amitié immortelle !

Fermer^ les sens: hors ^ de la chair et du monde, recueilli en soi ; conversant avec soi et avec Dieu. Mener une vie au-dessus de tout ce qui est visible, et recevoir

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