Matth., Vf
DE RECEPTION À L'ACADÉMIE FRANÇAISE
8 juin 1071.
Élu à rAcadéniie à la fin du mois de mai 1671, en remplacement de l'abbé de Chambon ', Bossuet y vint prendre place et prononcer le remerciement d'usage dès le 8 juin suivant. La Gazette du 20 juin relate ainsi cet événement : « Le 8 de ce mois, M^"® Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Condom et précepteur de Mgr le Dauphin,... fut reçu dans l'Académie franaise, avec tous les honneurs dus à sa réputation et à sa dignité, en présence du Chancelier de France, qui en est protecteur 2, et d'une nombreuse assemblée. Il fit un très beau remerciement, avec cette éloquence qui lui est si naturelle et qui l'a rendu si fameux; et le sieur Charpentier "^ lui répondit au nom de l'Académie, dont il est chancelier, par un discours très digne de cette Compagnie et d'une occasion si célèbre. »
Bossuet avait soumis à Conrart * le texte de sa harangue, qui fut très goiitée. « J'ai le compliment de M. de Condom à
1. Daniel Hay du Chastellet, né le 23 octobre 1596 à Laval, et mort dans cette ville où il était doyen de la collégiale, le 20 avril 1671. Il possédait l'abbaye de Notre-Dame de Chambon, près de Thouars, au diocèse de Poitiers. Il passait dans son pays pour grand controversiste et grand mathématicien, mais il ne publia aucun ouvrage, sinon le pamphlet intitulé : Avis à la Reine sur la conférence de Rueil (1649, in-4), qui lui est attribué par Gr. Naudé et qui le range parmi les frondeurs. A sa mort, ses papiers furent brûlés par son neveu, le marquis du Chastellet.
Il avait été reçu à l'Académie le 26 février 1635, et il était frère d'un autre académicien, Paul Hay, sieur du Chastellet, mort en 1635 (Voir Pellisson, Histoire de V Académie française, édit. Livet, t. II, p. 167 et 283 ; Moreau, Choix de Mazarinadcs, Paris, 18, in-8, t. I, p. 293 ; E. Kerviler, la Bretagne à V Académie française au XVII^ siècle, Paris, 1879, in-8, p. 65.)