Ser7}i. XL VI, n
5. Ici venaient d'abord dans une première rédaction plusieurs pensées qui ont été reportées plus haut :
(( Mais peut-être que vous préparez à ce pasteur ignorant un homme habile pour le corriger, et qu'un secret conducteur lui montrera le chemin qu'il doit tenir. C'est le grand malheur de l'Eglise, c'est ce qui perd tout dans le monde, quand ceux qui doivent être coopérateurs sont les conducteurs véritables ; quand ce secret conducteur que vous nous vantez remue {var. : tourne) à peine sa faible machine, et que ceux qui doivent payer de leur personne payent à peine (war. :ne payent que) de raine et de contenance. Que si vous doutez encore que des pasteurs ignorants et des pasteurs corrompus causent des maux infinis {var. : Que si vous ne savez pas — si vous igno rez — encore ce que des pasteurs ignorants et des pasteurs corrompus peuvent causer de désordre), considérez tout le Nord arraché du sein
de l'Église par l'hérésie. Voyez les confusions où les royaumes voisins sont tombés. L'hérésie a tout ébranlé jusqu'aux fondements ; et ceux qui ont prétendu, en ouvrant la porte à l'erreur, se rendre maîtres delà religion, à la fin ne sont plus maîtres de rien {ces deux phrases ensuite retranchées^ pour aôr^ç'er^. Recherchez les causes de tous ces malheurs : tous les mémoires, toutes les histoires et toute la suite des choses vous en instruira; il s'élèvera autour de vous du creux de l'enfer {var. : et il s'élèvera autour de vous) un cri lamentable des peuples précipités dans l'abîme : C'est nos indignes pasteurs qui nous ont perdus; leur ignorance nous les a fait mépriser, leur corruption nous les a fait haïr (ajouté ensuite V esquisse de ce que nous lisons dans le texte définitif: injustement, il est vrai, car...J. Ces sentinelles endormies ont laissé entrer l'ennemi, et ces chiens muets qui ne savaient point aboyer [Is.,LVi,10] contre les loups sont causes que nous en avons été la proie.
(( O sainte Eglise gallicane {addition : pleine de science, pleine de vertu, pleine de force), ornement de
de cette menace, considérez tant de royaumes arrachés du sein de l'Égise par l'hérésie de ces derniers siècles; recherchez les causes de tous ces malheurs : il s'élèvera autour de vous, du creux des enfers, comme un cri lamentable des peuples précipités dans l'abîm.e : C'est^ nos indignes pasteurs qui nous ont jetés dans ce lieu de tourments où nous sommes : leur ignorance ~ nous les a fait mépriser, leur corruption nous les a fait haïr : injustement il est vrai, car il fallait respecter Jésus- Christ en eux ^ ; mais enfin ils ont donné lieu aux spécieuses déclamations qui nous ont séduits : ces sentinelles endormies ont laissé entrer l'ennemi ; et la foi ancienne s'est anéantie par la négligence de ceux qui en étaient les dépositaires.
O sainte Église gallicane, pleine de science, pleine de vertu, pleine de force; jamais* tu n'éprouveras un tel malheur : [p. 44] la postérité te verra telle que t'ont vue les siècles passés, l'ornement de la chrétienté et la lumière du monde ; toujours une des plus vives et des plus illustres parties de cette Église éternellement vivante que Jésus-Christ ressuscité a répandue par toute la terre \
Mais nous, mes Frères, voulons-nous mourir? et si nous ne commençons à vivre pour ne mourir plus, que nous sert d'être les membres d'un chef immortel, et
la chrétienté, lumière du monde, eu méprisant ses préceptes; et si fidèle dépositaire de la foi et de la nous ne voulons pas commencer à discipline ancienne, tu fleuriras plus vivre pour ne mourir plus, que nous que jamais. Le prince incomparable sert d'être les membres d'un chef qui remplit tes places sait que les immortel et d'un corps qui ne doit hommes font tout dans l'empire de jamaispérir? C'est par cette dernière Jésus-Christ plus encore que dans considération qu'il faut finir ce disles empires du monde (proposition cours. >>
équivoque, que V auteur s'eut gardé de 1. Maintenant qu'il est de l'Aca-
maintenir après le remaniement); demie, Bossuet suivra ordinairement
que les lois sans les hommes sont cette règle, qui ne doit avoir qu'un
mortes, et qu'être chargé des pas- temps. — Cf. les Remarques..., ^Vi
teurs, c'est être chargé du fardeau tome YII.
de toute l'Eglise {addition : et de la 2. Edit. : leur inutilité et leurïgno-
vie de tout le peuple, puisqiie c'est rance.... leur vanité et leur corrup-
par le ministère des pasteurs que se tion nous les a fait haïr... — Correc-
répand la grâce et la vie. Tel est tions, omises.
l'établissement de l'Église). Elle 3. Edit. : et les promesses faites à
vivra, cette Église, elle vivra; car l'Église— Retranché au manuscrit.
Jésus-Christ, qui ne ment jamais, l'a 4. Edit. : jamais, jamais, je l'es-
promis. Mais nous, mes Frères, vou- père, tu... — Emprunt à une pre-
lons-nous mourir en la négligeant et mière rédaction effacée.
d'un corps, d'une Église qui ne doit jamais avoir de fin? C'est par cette considération qu'il faut finir ce discours.
Troisième Point.
[P. 45] Étrange impression ^ qui s'est mise dans l'esprit des hommes, qui, pourvu qu'ils aient un recours fréquent aux sacrements de l'Église, croient que les péchés qu'ils ne cessent de commettre ne leur font pas tout le mal qu'ils leur pourraient faire, et s'imaginent être chrétiens, parce qu'aussi souvent confessés qu'ils sont pécheurs, ils soutiennent, dans une vie toute corrompue, une apparence de vie chrétienne ! Ce n'est pas là la doctrine que Jésus-Christ et ses apôtres nous ont enseignée. Jésus-Christ ressuscité ne meurt plus ^ ; et de là que conclut saint Paul? Ainsi vous devez penser que vous êtes morts au péché, pour vivre à Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur ^ . Et* encore avec plus de force : Si, dit-il, nous sommes morts au péché, comment pourrons-nous y vivre dorénavant^ ? Quomodo ? Comment le pourrons-nous ? Parole d'étonnement, qui fait voir l'Apôtre saisi de frayeur à la seule vue d'une rechute ^. [p. 46] Si, dit-il, nous sommes morts au péché de bonne foi, si de bonne foi nous avons renoncé à ces abominables impuretés, [p. 47] à cette aigreur implacable d'un cœur ulcéré qui songe à se satisfaire par une vengeance éclatante, ou qui, goûtant en lui-même une vengeance cachée, se rit ^ secrètement de la simplicité d'un ennemi déçu, à ces meurtres que vous fait faire tous les jours votre ^ langue envenimée, à cette malignité dangereuse qui vous fait empoisonner
1. Première rédaction (effacée) : les saints sacrements gardent les il faut ici se désabuser d'une fausse résolutions qu'ils y ont prises ; et idée de vertu qui n'est que trop com- saint Paul s'étonnait alors comment mune parmi les fidèles. Ils croient ceux qui les recevaient, et qui donc pour la plupart que, pourvu... étaient morts au péché, pouvaient