SUR L'UMTÉ DE L 'ÉGLISE
qu'il soit inséré parmi les lois, qu'il fasse partie du droit public et qu'il vive autant que l'Église : Et in seternum mansura, et humanis legibvs inserenda, et inter puhlica jura seînper recipienda hac auctoritate vivent e Ecclesia victui'a ? » ou d'entendre un roi pieux dans un concile, c'était un roi d'Angleterre. Ha! nos entrailles s'émeuvent à ce nom, et l'Église, toujours mère, ne peut s'empêcher dans ce souvenir de renouveler ses gémissements et ses vœux ; passons et écoutons ce saint roi, ce nouveau David dire au clergé assemblé : « Ego Constantïni, vos Pétri gladiurn hahemus in manihus ; jiingcimuf< dexteras, gladiurn gladio copulemus ^ : J'ai le glaive de Constantin à la main, et vous y avez celui de Pierre ; donnons-nous la main et joignons le glaive au glaive? » Que ceux qui n'ont pas la foi assez vive pour craindre les coups invisibles de votre glaive spirituel tremblent à la vue du glaive royal. Ne craignez rien, saints évêques ; si les hommes sont assez rebelles pour ne pas croire à vos paroles, qui sont celles de Jésus-Christ, des châtiments rigoureux leur en feront, malgré qu'ils en aient, sentir la force, et la puissance royale ne vous manquera jamais.
A cet admirable spectacle, qui ne s'écrierait encore une fois avec Balaam : Quam pulchra tabernacula tua, Jacoh ! O Église catholique, que vous êtes belle ! le Saint-Esprit vous anime, le Saint Siège unit tous vos pasteurs, les rois font la garde autour de vous ; qui ne respecterait votre puissance?
Second Point.
Paraissez maintenant, sainte Église gallicane, avec vos évêques orthodoxes et avec vos rois très chrétiens, et venez servir d'ornement à l'Église universelle; et vous, Seigneur tout-puissant, qui avez comblé cette Église de tant de bienfaits, animez-moi de ce même esprit dont vous remplîtes David lorsqu'il chanta si noblement les grâces de l'ancien peuple, afin qu'à son exemple, je puisse aujourd'hui, avec tant d'évêques et
l.Eadgar, Orat. ad Cler. (tom. IX C'onc, p. 697.)
dans une si grande assemblée, célébrer vos miséricordes éternelles : Quoniam bonus, qiioniam in œternuin misericordia ejiis^. C'est vous, Seigneur, qui excitâtes saint Pierre et ses successeurs à nous envoyer dès les premiers temps les évêques qui ont fondé nos Églises. C'était le conseil de Dieu que la foi nous fût annoncée par le Saint Siège, afin qu'éternellement unis par des liens particuliers à ce centre commun de toute l'unité catholique, nous pussions dire avec un grand archevêque de Reims : La sainte Église romaine, la mère, la nourrice et la maîtresse de toutes les Églises, doit être consultée dans tous les doutes qui regardent la foi et les mœurs, 'principalement par ceux qui, comme nous, ont été engendrés en Jésus-Christ par son ministère et nourris par elle du lait de la doctrine catholique ^.
Il est vrai qu'il nous est venu d'Orient et par le ministère de saint Polycarpe ^ une autre mission, qui ne nous a pas été moins fructueuse. C'est de là que nous avons eu le vénérable vieillard saint Pothin, fondateur de la célèbre Église de Lyon, et encore le grand saint Irénée, successeur de son martyre aussi bien que de son siège ; Irénée, digne de son nom et véritablement pacifique *, qui fut envoyé à Rome et au pape saint Éleuthère de la part de l'Église gallicane^; ambassadeur de la paix, qui depuis la procura aux saintes Églises d'Asie d'où il nous avait été envoyé; qui retint le pape saint Victor lorsqu'il les voulait retrancher de la communion, et qui, présidant au concile des saints évêques des Gaules, dont il était réputé le père, fit connaître à ce saint pape qu'il ne fallait pas pousser toutes les affaires à l'extrémité, ni toujours user d'un droit rigoureux ^. Mais, comme l'Église est une par tout l'univers, cette mission orientale n'a pas été moins favorable à l'autorité du Saint Siège que ceux que le Saint Siège avait immédiatement envoyés ; et le même