AU CONSEIL DE PKËFECTURE A TOURS
naissais peu les ruses, les profondeurs... J'admirais qu'il pût y avoir des lois si contraires au bon sens. Or, on me l'a fait voir celle loi , où j'ai lu ce qui suit à l'article cité :
« Le domicile politique de tout Français est dans le départe- « ment où il a son domicile réel. Néanmoins il pourra le trans- « férer dans tout autre département où il payera des contri- « butions direotes , à la charge par lui d'en faire , six mois « d'avance, une déclaration expresse devant le préfet du départett meut où il aura son domicile politique actuel , et devant le « préfet du département où il voudra le transférer.
« La translation du domicile réel ou politique ne donnera « l'exercice du droit politique , relativement à l'élection des dé- « pûtes , qu'à celui qui, dans les quatre ans antérieurs, ne l'aura « point exercé dans un autre département. »
Tout cela paraît fort raisonnable ; mais s'y trouverait-il un seul mot qui autorise le préfet à demander un acte tel que celui dont il est question dans la circulaire, et qui m'oblige à le produire? Il ne s'agit là d'autre chose que de translation de domicile , et l'on m'applique cet article à moi , cultivant l'héritage de mon père et de mon grand- père, et de cette application résulte la demande négative d'une preuve qu'aucune loi ne peut exiger.
Il faut cependant m'y résoudre et montrer à la préfecture que je n'ai voté nulle part. Sans cela je ne puis voter ici , sans cela je perds mon droit, et le pis de l'affaire , c'est que ce sera ma faute. liQ même circulaire le dit expressément , et finit par ces mots :
J'ai lieu de croire que vous vous empresserez de m'envayer la pièce dont la loi réclame la remise ( quoique la loi n'en dise rien >, afin de ne pas vous priver de Cavantage de concourir à des choix utiles et honorables. On aurait droit de vous reprocher votre négligence , si vous en apportiez dans cette circonstance.
Belle conclusion! Si je néglige de prouver que je n'ai vf)té nulle part, si je ne produis une pièce impossible à produire, je suis déchu de mon droit , et de plus ce sera ma faute. Ciel , donnez-nous patience! C'est là ce qu'on appelle ici administrer, et