‹ Œuvres philosophiques de Antoine Arnauld;Chapitre 154 sur 159 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Vous serez , Monsieur, peut-être surpris que ma réponse soit aussi courte qu'elle est ; car assurément je ne dis pas la dixième partie des choses qu'il y aurait à répondre au IhTe des Vraies et des Fausses Idées; mais j'épargne mon temps, celui du lecteur, et, vous lecroirezsi vous voulez, la réputation de M. Arnauld. Il n'est pas juste de maltraiter inutilement ceux qui nous attaquent et qui nous maltraitent « quoique sans sujet. Il suffit de se défendre et de ne las blesser que pour se mettre à couvert de leurs insultea. it sais de plus, que je ne puis pousser M. Arnauld sans rennier les passions de beaucoup de gens, dont lés uns s'animeraieo: contre moi et les autres contre lui, et il faut, autant qn*oc le peut, épargner au monde ce plaisir malin qu'on ne prenâ que trop à voir battre les gens ; car cela corrompt reepril r le coeur, comme les spectacles, beaucoup plus qu'on ne s*ii

gine. Enfin, je suis persuadé que si le peu que j'ai écrit ne suffît pas pour mettre mon sentiment à couvert des attac^ues de M. Amauld , un plus gros livre , qu'on lirait moins et qu'on n'entendrait pas mieux, y serait aussi fort inutile dans l'entêtement ou le dévouement où je vois certaines personnes. Mais si M. Amauld croit avoir mieux réussi dans quelque chapitre particulier que dans tous les autres, je le prie qu'il me le marque, et je l'examinerai, je crois, de telle manière qu'on verra bien que, si je n'ai pas répondu en particulier à tous les raisonnements qu'il a faits, ce n'est pas que je manquasse de réponse , mais plutôt qu'ils n'en méritaient aucune après les choses que j'avais déjà expliquées. Je crois devoir rendre ce témoignage à la vérité , que je n'ai rien vu dans le livre de M. Arnauld , qui me donne le moindre sujet de douter des sentiments qu'il combat ; et je prie ceux qui ne conçoivent pas distinctement ni mon sentiment ni les preuves que j'en donne , de suspendre leur jugement jusqu'à ce que , l'ayant examiné à fond et sur les principes que j'ai expliqués dans la Recherche de la Vérité et dans les Méditations chrétiennes, l'évidence leur donne droit de décider et de juger.

Page 1