DÉFENSE D*ARNAULD CONTRE MALEBRANCHE
intitulé le Protestant pacifique, les emportements furieux avec lesquels l'auteur, qui se nomme Léon de la Guitonnière, s'élève contre mes amis et moi , en les traitant de partisans jurés d!une philosophie infernale qui ôte àla substance infinie de la Divinité toute grandeur et toute étendue, pour en faire un point indivisible; je ne sais si l'auteur de la Réponse aura moins de peine à souffrir que j'ôte à la substance infinie de la Divinité toute étendue , et s'il ne prendra point le parti de soutenir qu'on ne peut croire Dieu immense qu'en le croyant étendu.
Quoi qu'il en soit, et de quelque manière qu'il entreprenne de répondre à ces raisons, soit en défendant ce qu'elles prouvent, soit en le désavouant, je le prie d'éviter ces manières cavalières qui ne vont point au fond ; de n'user point de défaites ou d'équivoques qui ne font que brouiller; de ne point prendre le change, et de ne point étourdir le monde par des injures en l'air, qui sont plus contre lui que contre moi , et qui n'éclaircissent point la dispute. Mais ^il a quelque chose de, solide à proposer, je ne demande autre chose, sinon qu'il le fasse en observant les règles qu'il prescrit aux autres , et je promets, non-seulement de l'écouter, mais même de changer de sentiment, si ses réponses sont bonnes et suffisantes.