‹ Œuvres philosophiques de Antoine Arnauld;Chapitre 62 sur 159 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Seconde manière de voiries choses en Dieu, qui esl de les voir dans une étendue intelligible infinie que Dieu renferme. Que ce que Ton dit tar cela, ou est tout à' fait indigne de Dieu , ou se contredit manifestement.

Nous venons de voir que l'auteur de la Recherche de la Vérité, demeurant toujours ferme dans la pensée que nous voyons chaque chose par Tidée particulière qu'elle a en Dieu, il a depuis changé de sentiment, en déclarant (page 548) « qu'il n*a pas f>réiendu » ( il devait plutôt dire qu'il ne prétend plus) « qu'il y eût en Dieu certaines idées particu- « Hères qui représentassent chaque corps en particulier: « mais que nous voyons toutes choses en Dieu par Tappli- « cation que Dieu fait à notre esprit de l'étendue intelligible a inGnie en mille manières différentes. »

C'est donc ce qui reste à examiner si cette seconde ma« nière de voir les dioses en Dieu, qui est de les voir a dans une étendue intelligible infinie que Dieu renferme, » est plus \Taisemblable que l'autre.

Mais, pour en pouvoir bien juger, il faut réoouter luimême expliquer comment il prétend que cela se fait. Et il faut remarquer avant toutes choses que ce qui Ta fait entrer dans cette nouvelle pensée est une objection qu'on lui a faite en ces termes :

« Objection, Il n'y a rien en Dieu de mobile * , il n*y a « rien de figuré. S'il y a un soleil dans le monde intelligible, c ce soleil est toujours égal à lui-même, et le soleil visible « paraît plus grand lorsqu^il est proche de l'horizon, que € lorsqu'il en est fort éloigné : donc ce n'est pas ce soleil inc telligible que Ton voit. U en est de même des autres créa-

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