DE MAUPERTUÏ& ET DE TURGOT
leur, de figure, d'étendue mobile, et que cette causalité ou force extérieure, constitue pour nous toute l'essence réelle des corps? N'y a-t-il pas une différence évidente à cet égard entre les sensations de chaud , de froid , d'odeur , de faveur , que nous ne rapportons en effet qu'à nos organes , en concevant les corps externes comme causes, et les intuitions colorées étendues sous lesquelles les objets se représentent hors de nous, qui nous paraissent constituer la nature de ces objets, et sans lesquelles ils n'existeraient pas pour nous , pas même en qualité de causes ? Si cette différence est réelle du moins relativement à notre manière de sentir et de percevoir , il faut bien qu'elle ait quelque fondement dans la nature même des objets ou dans celle de notre organisation intellectuelle. Or, quel est ce fondement?
On ne sera point admis à dire comme M. Ampère que les affections ou sensations rapportées aux objets comme causes^ sont aussi bien hors de moi que les. notions rapportées aux objets par inhérence, que les unes comme les autres sont égalemenl^des modifications de l'âme inhérentes à elle dont la cause nouménale ou seule réelle constitue ce que nous appelons le corps , qui n'est lui-même que la cause qui nous empêche de penser.
Il s'agira toujours de savoir comment toute intuition d'étendue nous présente naturellement et sans aucun effort dç réflexion, un objet étranger au moi
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et hors de lui, non pas seulentent en qualité de cause modifiante , mais comme oèijet modifié opposé au su}et qui le perçoit à distance.
Maupertuis : « Que sert-il de dire qu'il y a quelle que chose qui est cause y que j'ai les perceptions « |e wus f je touche y yentends^ si jamais ce que je (( vois j U^uchefsmmtàmds ne lui r^semhle?.*.. » — « J'avoue qu'il y a ime cause d^où défMmdant touiea ce nos perceptions, parce que rien liesi eamm0 il est a sans raison sti^sante. » Mais quelle est cette causef^ a Je ne puis la pénétrer puisque rien de ce que j'ai a ne lui ressemble. » — « Il suffit , répond très-bien « M. Turgot , que je sache que cette cause est hors i( de moi et que c'est un être réel distingué de Dieu ce et de moi. i>
Le rapport de causalité est distinct de celui de la dépendance entre les idées avec lequel Maupertuis semble le confondre.
Il y a quelque chose en moi qui ressemble à la cause extérieure que je conçois , et c'est par cette ress^xiUance même que je peux la concevoir et %sur^ qu'elle est sans concevoir comment elle agit. Il n'est pas- be^in , il serait même absurde de supposer que la cause pensée ressemble à quelquesunes des sensations que j'éprouve ou des phénomènes que je ne perçois que comme ^ets.
Sur la succession de nos perceptions, Maupertuis rassemble de vains nuages sceptiques, «t J'ai dans « mon esprit , dit-il , la perception d'une certaine