‹ Œuvres philosophiques de Maine de BiranChapitre 35 sur 47 · DE M» DE TRACT · texte numérisé non relu

DE M» DE TRACT

fusion d'idées ou dç principes , peut-on dire qiae les êtres ou causes ne consistent pour nous que dans les impressions qu'ils nous font ? Qu'est-ce donc que le rapport de causalité j et d'où vient que nous distinguons si bien et si nécessairement les detnc termes de cette relation? Pourquoi croyons-notj* si invinciblement que la cause reste la même , lorsque l'impl^ession effet passe et n'est que d'mfi mo* ment , ou varie sans cesse ? Si les êtres ne sont pour nous que des impressions , que deviennent toutes les existences , et qu'est-ce qu'il y a hors de nous ? Qu'est-ce.qûi subsiste, quand nous ne sentons plus, et que sommes-nous nous-mêmes? -^ Je n'ai pas besoin d'en voir davantage, pour m'assurer que tout le livre est un tissu de sophismes et d'erreurs.

Si l'on appelle substance ce qui existe pat soi" même y ce qui reste quand nous n'en percevons pas ou n'en sentons pas l'effet , il répugne de dire que nous ne connaissons pas de substance aux êtres qui causent nos impressions ^ ou que nous ne sommes pas en droit de leur en supposer une.

Être autre chose que notre vertu sentante , résister à l'effort, être indépendant du sentiment de cet effort, pouvoir produire des impressions pareilles sur nos semblables, — qu'est-ce donc sinon être réellement, être une substance?

M. de Tracy emploie à chaque instant ce mot être; et malgré lui, il comprend la substance, l'être, dans le fait primitif de conscience, dans la

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