UR LA. LOGIQUE
sensation la plus simple. Dans la sensation d'un mouvement arrêté^ ou dans le souvenir de cette sensation , il trouve deux éléments bien distincts, et ces deux éléments sont Vétre qui sent et F être qui résiste, et ces deux êtres sont sûrement bien distincts des sensations , par lesquelles ils se manifestent ; car la sensation d'un mouvement arrêté ^ ou qui cesse ^ malgré la volonté qui tient à le maintenir, n'est pas la sensation du pouvoir de Y être ou de V objet extérieur qui fait cesser le mouvement : nous ne sentons pas ce pouvoir qui appartient à un être autre que le moi. Il y a donc une idée ou notion d'un être qui résiste et qui est jugé ou cru ensuite être le même d'où nous viennent nos sensations passives. Il y a donc idée de quelque chose autre que des sensations ; car les sensations ne sont pas des choses.
Lorsqu'on parle tant de la distinction que fait l'esprit entre le sujet et l'attribut , il s'agit de bien comprendre ce qu'on entend par le suje^ et si l'on y pense comme il faut , on trouvera que ce sujet , qui tient dans la pensée le premier rang , est toujours conçu sous une idée qui n'a rien de sensible.
Le mot désir, appliqué à toutes les sensations ou modifications passives, comme à celle qui accompagne le mouvement volontaire de nos membres \ est tout à fait impropre, sous ce dernier rapport; il conduit l'auteur à dire que la sensation vague qui
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résulte du mouvement de nos membres est la seule que nous puissions désirer sans la connaître. S'il avait dit voulons^ on l'entendrait mieux : nous désirons ce qui n'est pas immédiatement en notre pouvoir; nous voulons ce que nous sentons et savons primitivement être en notre pouvoir, par cela que nous le voulons et sentons au même instant indivisible. Les objets de nos désirs ne peuvent être connus que par expérience; les objets de nos vouloirs et nos vouloirs mêmes rentrent dans le fait primitif de la connaissance et de l'existence du moi.
Voici un raisonnement singulier : « Nos premières idées simples ou nos pures sensations sont des effets directs d'êtres distincts de notre vertu sentante ; donc ^VL^s font partie de l'existence de ces êtres. Bien plus elles sont pour nous toute cette existence : d'où il suit que, si nous ne voyons rien que ce qui est réellement compris dans ces premières sensations, nous n'aurons que des idées conformes à la réalité des êtres. »
Si nos idées simples sont des effets de causes réelles, étrangères au moi, elles ne peuvent faire partie de l'existence de ces causes, qu'autant qu'il est dans la nature de tout effet ou phénomène produit de faire partie de l'existence de sa cause. Et de plus, les effets ne pourraient constituer toute l'existence de leurs causes, qu'en s'identifiant avec elles, ou en cessant d'être perçus comme effets sensibles distincts de causes qui ne le sont pas. — * Cela posé,