‹ Œuvres philosophiques de Maine de BiranChapitre 41 sur 47 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

lières indépendantes d'impressions dont les causes sont extérieures à Tétre sentant; si la science de ces causes efficientes est aussi innée et comprise dans toute modification passive ou active indifféremment.

J'examinerai si ^ sans sortir du champ de l'expé* rience^ nous ne pourrions pas assigner une multitude d'états où la sensation est séparée de la science et de la plus simple aperception même de l'existence personnelle ; si on ne tranche pas le nœud au lieu de le délier, et si on ne limite pas trop nos moyens d'analyse en affirmant, sans preuve ou sans examen assez approfondi , que toute sensation ou modifica' lion quelconque^ qiCelle soit ou non le produit de tactwitéj réi^èle immédiatement à l'être qui l'éprouve la même existence nouménale.

Mais je dois, quant à présent, me tenir sur la défensive avant de prendre l'attaque à mon tonr. Je dois surtout chercher à titrer parti des objections précitées, pour faire mieux entendre mon point de vue.

Je trouve d'abord , dans la manière dont l'argument est exprimé et la question posée , une preuve assez frappante des difficultés et des obscurités où l'on s'engage quand on déplace l'origine de la science et qu'on altère les termes du problème générateur. L'e/Teif n'est pas souvent pris pour une modi-^ fication de la cause ou de \di force, et la distinction qui se trouve: établie entre les deux termes du rap-

port, et partir du fait de conscience n'est point une distinction logique, mais bien réelle, autant que peut rétre une série permanente de ses produits variés.

En prenant pour base unique de la science et de l'existence, la relation du mode à la substance cou* sidérée comme pensée , il faut nécessairement prendre aussi rétre absolu de Tâme pour le sujet commun de tous les attributs qui peuvent en être logiquement affirmés. Dès lors le premier terme ou l'antécédent du rapport d'attribution ne peut être conçu que sous le point de vue objectif et abstrait , puisqu'il s'agit de la chose permanente , tandis que le second terme ou le conséquent du même rapport, c'est-à-dire la sensation attribuée est tout entière dans le point de vue subjectif, comme actuellement avec le sujet qui se dit je ou moi.

U y a donc là hétérogénéité de nature entre les deux termes du 'même rapport ou entre les deul éléments de la même dualité , l'un se r^érant à ce monde absolu , dont nous sommes nécessités à croire la réalité indépendante des sensations ou conceptions; l'autre appartenant à ce monde intérieur de phénomènes qui ne tombe que sous le sens de l'aperception immédiate et que l'imagination ne peut objectiver, pas plus que la raison n'a le pouvoir ni le besoin d'en prouver l'existence.

Nous savons^ en effet, très-clairement et sans pouvoir en douter {certissimâ scientid et clamante

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