‹ Œuvres philosophiques de VaniniChapitre 16 sur 32 · EXERCICE XXIV · texte numérisé non relu

EXERCICE XXIV

Réponse AUX ûb|ec(îûns de CUcéroii.

La première est celle-ci : Si Dieu voit infailliblement TaTenlr, celtti-ci dok InfaiiiMemeiiPt arriver ; il n'e»t donc pas laissé à notre libre arbitre, car ce qui ne peut pas ne pas être est jhtal.

Iipiiqnona l'anifcédMit i Dlan connaît Vmtnk, €*i»NhAre

fl^qn aéra» etnaii pas ce qoiest, doaoeetavaûr'dait être; il doit être, je l'accorde. Il arriyera donc, selon les prévisioois 4e » JUeQ; oui» mais celiii«ci hisse au contingent tonte salibeité : direz^irdMs qne si oe que Dieu prévoit peut être et ne pas étrt« il n'en r^Ue pour lui aucune connaissance eertaîBe? Je nie eelte amséquence» car il connaît Tav^nir de deux manières : d'abord dan» -ses causes; or, il est alors en simple puissancei poQvant être ou n'être pas, et ee n'est pas autrement que Dieu le voit ; ensuite, comme il est en dehors des causes, il 6$t déterminé, c'est-à-dire qu'à ce point de vue, la connaissance est précise et déterminée pour Dieu, qui renferme le temps esk lui. Mais, de qudque manière que Dieu connaisse, il y a vraie connaissance, car il y a nécessité, selon le mode de connaissance : dans le premier cas. Dieu sait nécessairement que le fait pentêtreou nepasêtre ; dans le second cas, qu'il ne peut pas ne pas être ou ne. pas avoir été : ainsi chaque mode de la science divine étant infaillible, entraîne infaiUiblement son objet de la manière que je viens de dire. C'est pourquoi l'argument que les vieux nous débitent du haut de leur chaire ne signifie rien* Si Dieu, disent-ils, est certain de l'avenir contingent, comme par exemple de la chute de Judas, ou celui-ci pourra pécher, ou il pourra ne pas pécher, alors nécessairement il péchera s •n effet, ne pouvoir pas ne pas pécher, c'est être nécessité de pécher, et ainsi disparait le libre arbitre, et par consécfnent le mal; mais si l'on admet qu'il puisse ne pas pécher, comment peul-il se faire que Dieu soit certain 4'une chose qui peut D'être pas? Cet argument, dis-je, est de nulle valeur, parce que Dieu n'est pas et ne peut pas être certain du péché de Judas , quant au pécheur et au temps où il sera maître d'accomplir le crime. De cette manière. Dieu sait seulement qu'il y a possibilité pour Judas de pécher ou de ne pas pécher : quant à l'époque, il y a certitude, mais eUe n'entrave en rien la liberté de îttdis, parce que celui-<;i n'est plu» en puissance par rapport au fait, déjà consommé, d'après notre raisonnemenL

Le second argument en faveur de Cicéron prétend que si AiancoMitI qm Jiate doit péqberW^toptcbar^}^, Tan-

88 OBQtBW Pra&OtOf BlftO» MB VANBIT.

técédent est nécessaire simplenieiit , donc, le conséquent Test aussi.

Je réponds queTantécédent, Dieu sait que Judas péchera, renferme l'avenir, par rsq^port à Fintelleet formel, mais seule* ment dans le domaine du contingent ; si donc il connaît dans Judas un pécheur futur, en tant que pécheur futur, c'est toujours au point de vue contingent, en sorte qu'il ne suit pas que Judas péchera absolument, l'acte reste contingent, et du po»* siUe il ne passe pas à l'absolu.

Mais, direz-vous, je considère Judas comme devant pécher, puisque Dieu connaît le fait même en dehors de ses causes.

Il ne faut pas inférer de là que Judas péchera, mais seulement qu'il pèche ou qu'il a péché, car cette notion suppose la nécessité ; ainsi cela ne prouve rien contre nous.

Troiâème argument : Tout ce que Dieu sait doit être nécessairement, or il sait tout, donc tout est fataL

Je ne veux pas nier ceci; tout arrivera selon la prévision divine; l'avenir contingent qu'il a prévu arrivera infailliblemait, mais sans détruire ni la contingence ni la liberté. Je m'explique : la majeure de la proposition est vraie au sens divisé et composé , car un événement futur est connu de Dieu eu tant que futur, et par suite en tant qu'il peut être et n'être pas, c'est pourquoi il sera en conservant son caractère; sous le rapport de la connaissance en dehors des causes, l'effet ne peut pas être ou n'être pas , il est nécessaire; ainsi au sens divisé cette maxime est vraie ; quant au sens composé, il est assez évident, et en laissant de côté toutes les vides et minutieuses distinctions des scolastiques, la question se trouve résolue.

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