EXERCICE XLIV
t\4ponM itt ptdtnUf argament.
Puisque dans le treizième exercice nous avons démontée que Dieu n'est pas l'auteur des péchés, nous ne reviendrons pas sur ce point» et nous attaquerons de suite les objectiotti.
La première est que l'instrument agit toujours d'après k dh^tion que lui donne son principal agent; or, puisque notre volonté dans les actes n'est qu'un instrument, et que l^eu est l'agent principal, il suit que Dieu est responsable des erreurs delavdonté.
OMnrus PHibûsoMugoi» ns vanub* igf,
- -Les théologieiis répondront que h majeure est à Tégard .ë'iM instrument inerte, comme k scie dans les mains de qui s'en sert , mais nullement d*un instrument animé et raisonnâMe, ccMoame la volonté esa rapport avec Dieu, car^ indépenibmmentdelui, elle i^t de son propre mouvement
Cette r^xmse ne me satis£ait pas, ear si ces deux instruments dépendent du même i^nt principal» ils sont soumis à la même li»i , à' moins qir'on ne veuille voir dans la volonté quelque diose qui ne d^iende pas de Dieu.
Cherchons la vérité : ou la volonté peut agir sans l'impulsion ;etiiBe direction de Dieu» ou eUe ne le peut pas; dans ce dernier cas, elle n*est plus qu'un instroment inanimé; dans te premier, il faut qu'elle soit cause sans l'intervention divine; ..aloiB ^Dieu ,ne sera plus la cause universelle» source unique d'où sortent l'existence et l'action des autres causes.
Je vais plus loin» et je dis que les actions humaines dépen- .dcnt plus de Dieu [que la hache et l'action ne dépendent du ebaipentier; car» hien que celle-ci, inerte par elle-même, ne reçoive son n^ouvement que du charpentier» elle a cependant «quelque chose qui ne dépend pas de ce dernier» mais de sa .«^tière et de sa forme, en tant, par exemple, que le fer est bon ou mauvais; mais la volonté relève entièrement de Dieu pour la substance» aussi bien que pour le mouvement, en sorte qu'il n'y a rien qu'(m puisse raisonnablement lui imputer ni pour l'acte ni pour la substance; il faut tout rapporter à Dieu » qui a ainsi fait la volonté, et qui la met ainsi en mouvement. Car s'il était possible que la hache reçût du charpentier la matière, la forme et le mouvement, tout se rapporterait au charpentier, et rien à la hache; de même, puisque l'essence et le mouvement de la volonté viennent de Dieu, il faut imputer à Qîeu toutes les opérations de la volonté, bonnes ou mauvaises» puisqu'elle n'est qu'un instrument dans ses mains.
Je réponds à cet argument en niant la mineure. Je pense en eflbt (sauf Tapprobation de la sainte Église romaine) que l'acte dépend entièrement de notre volonté, car nous méritons et nous déméritons : je n'exclus pas Tintervention uni-
Ag2 (EUVKBl PHItOftOPHIQUBS DE UNINI.
Tcrselle de Dieu, car nous ne pouvons pas agir sans die; ainsi, pour les corps, quand un grave vient à tomber, Tacle n*est pas produit par le ciel, parce que le moteur étant en dehors, il faudrait que le ciel lançât le grave; alors tout l'intervalle entre le grave et le ciel serait troublé, et comme il n*y a pas de vide, le ciel serait obligé de descendre ; il faut donc dire que la pierre se meut de haut en bas, sans pour cela faire abstraètiondu mouvement du ciel, car saris Tactiônde celui-clle grave ne pourrait p^s se mouvoir. De ménic la volonté se meut immédiatement, et cependant elle est mue par Dieu, puisque c'est de lui qu^elle tient la faculté de se mouvoir; ainsi Dieu û laissé à rbomme la liberté, en lui doUilant les moyens d'agil^.
On dira : il a donné & là volonté le t)()Uvoit* de se tourner xeh le mat; mais de là suivent néce&sait*ement les actioris tnabvaises, donc t)ieù en est la éatlsc; 6at* il est de féglé que la cause de la cause est dussi Id cause de reffet.
Je repousse la conséquence, cAt Je soutiens que cette proposition, ce qui produit la Causé produit aussi l'effet, n'est applicable qu'aux faits naturels, et nbn ï ceux de la volonté, .parce que celle-ci est également cause des deux opposés, ce qui n'a pas lieu dails les faits })hysiquës, dans lesquels étant donnée . une cause adéquate, i^eltet la suit nécessail'ement.
ÈXEItCitE XtV'.
Réf ome BU Mcond argiuiietit
Les hommes n'agissent que d'après llnfluence dek astres r qui président à leur naissance i le mal doit donc être rapporté •aux astres.
Les docteurs répondent généralciiient que les astres ont biea quelque influence sur la volonté, mais ou'ils ne la contraignent pas; voyez à ce sujet : saint Augustin, livre y de la Cité de Dieu, cliap. 5 et é, texte 2! ; de ta Doctrine chrétienne, livre m; de la Trinité, et ailleurs. Après lui, saint Thomas, livre m contre les Gentils, chap. 8/i, 0:2 et 96; Commentâmes sur le Maître de sentences, disp. il, 9, ^, art 2; dans li Jrf-è-
âiiëre partie, 9, 115; chap. 3 et ai d« li PtllSsafttcêV t| 5^ chap. 8; livre ii de la Générât. Sect; ^ llvi*é It de la Théolo«gie, disp. 1/i, 9, 3, et ailleurs, Bacon, fet !e& dutres interprètegi Mais ces témoignages sont feciléraent refiotissês j^tit les astronomes, car^ loin de connaître les tertus dèd astres^ lés sccAas*tiques savent à peine ce qtie c*est que t^H derniers. Ils en àp^ pfeUent à Ptoléinée} j'^acceple, éttdyôns d'abclrd Ce ^ull dit; oi* voici comtbent il s'exprime, litre i du Jiig. dé» HStreS) ehap. &, texte ^U : « Il ne faut ^as ct-oire que ioot, éiM lei» ÉmUmn n humaines, dérive directement des causes supérieures, rnnnrn » d'un arrêt inviolable et divin, de tnâuièrc qu'aucune force B ne puisse rieù faire que de les suivre « car te mouvement des il corps célestes est éternel, il résulte d'une M ditide et ifiva- » riable. Le& êtres iiiférietirs sont soumis à! des bhailgemeiits de » là part des supérieurs et des causes suprêmes, mais cela leur n vient de la conséquence de la loi et de l'ordre naturel et inva » riable. d Dans le texte 20, il relève l'efficacité de l'astrologie, eîi ce qu'elle nous met à même d'éviter led coiups dont nbus sommes menacés. « La médecine, qui prévoit qdand les plaies V vèulenf s'étendre et se corrompre; peut rtods servir d'exemple, ft ainsi que les métaux, coinme en mettant l'aimant, €*est-lt« y dure la pierre d'Herciilc, h portée d'attirer le fer^ ehaeuii » tend à la ligne droite vers laqueUe l'enti'aine lé force de sa n nature pîmltive, tst lorsqu'il n'y a aucune attraction con- B traire i mais » la médedne vient s'opposer à l'ulcère^ celui-ei » ne peut plus se développer ni se pourrir; l'àiniantj (à qui » veut-il faire avaler tel œuf sans jaune?) l'aiment frotté d'ail 9 n'attirera pas le fer, ces obstacles soumettant fatalement lès ik deux cas h des forces contraires, il en sera de liiênie ponr les choses qui qous occupent. Ce qu'on ignore on que l'on M sait , haais qu'on néglige i arrive sans atcun doute seHm le » développement de sa tendance primitive; mais on peut^ par » des soins suffisants, ou détoumei* entièrement ce qui est » préiru, ou du moins en diminuer l'effet. » Et texte 27, il dit : fe Les Égyptiens^ qui ont beaucoup ajouté à h puissance il ie eet art { fireht des jifévisions ast^ettomiquë8 un grtrtd
184 CNEUVRBS PHlLOSOFmOVSS DB.VANINI.
» auxiliaire pour la médecine. Us n'auraient certes inatitaé » aucune cérémonie pour obyier aux pronostics meuaçautsdds » astres, et les détourner, soit pour les a(&ires publiques^ soit » en particulier, s'ils eussent cru que le coup ne pouvait être » amorti ou détourné par aucun moyen. » £t dans le CentiJo* quium, prop. 8, aptioris. ^: « Celui qui professe cette science » peut détourner bien des effets des astres. » Que si donc ils en appellent, d'après Ptdémée, au tribunal de la raison, qu'ili taxent leur maître d'ignoranoe, et comme le disciple n*eu sait pas plus que le maître, qu'ils se reconnaissent plus igiMirait» que lui. Mais écoutons leurs raisons. > ,
Stoïciens plus rigides, ou plutôt stoïco-astronomes, ils s!insurgent, et affirment d'un côté, que les astres poussentau mal et qu'ainsi ils en sont cause ; d'un autre côté, des alaSciens plu» accommodants soutiennent que ce n'est que lorsque les astres exercent leur influence, que Dieu est cause des actions le» pkut honteuses, parce que c'est Dieu qui leur a donné cette influence.
Les premiers soutiennent que les opérations des êtres infé^ rieurs dépendent en tout des supérieurs, comme des causas premières et essentielles ; donc il est faux que ce ne soit que d«u certains cas; la preuve, c'est que la disposition et l'inolniaison des astres ne sont que des causes accidentelles et postérieunes.
Je réponds que les corps célestes non-seulement ont de4'influence sur les êtres qui leur sont soumis, tels que leicori» matériels, mais qu'ils peuvent procréer comme là) causes e^ senlielles. Mais nos actions ne leur sont pas soumises directement, puisqu'elles dépendent de la volonté, qui, n'étant pasuMh térielle ne dépend pas d'eux ; les corps célestes ne peuvent émic pas nous forcer et nous pousser étalement, Hiais seuieittent influer sur notre conduite. Cette influence, notre volonté la reçoit en tant qu'elle suppose rinteliigeuce.qui reçoit la notion par les sens, mais ceux-ci sont directement soumis aux coq» célestes comme causes célestes et essentielles.
Ils objectent que si les astres ne contraignent pas la vd<lonté, mais influent seulement sur elle, celle-ci peut agir d'une manière opposée ii cette influence. Je demande alors si
OEUVRES PHILOSOPHIQUES DE YANINI. i8tf
dans cet acte d'opposition à l'influence d'agents supérieurs, la volonté dépend de ces derniers, oui ou non ; on ne peut pas dire oui, puisque ces agents supérieurs sont opposés entre eux ; nn ne peut pas dire non, parce qu'alors un agent secondaire serait indépendant ; nous voilk donc dans une absurdité qui «onduit à une conclusion qui ne Test pas moins.
Je réponds que la volonté ne dépend pas des corps célestes quand elle leur résiste; donc un agent secondaire ne dépend pas d'un agent supérieur, ce qui est faux ; car le premier agent île la volonté c'est Dieu, comme le dit Aristote, et non le corps «oéleMe, parce que celui-ci ne domine pas les agents immaté^ riels, comme la volonté.
Ils objectent en troisième lieu, que ceux qui sont prédîsposé»anK crimes, comme par Saturne, Mars, Mercure, agissent d'après cette prédisposition native; donc non-seulement les as- -Cres influent, mais ils contraignent, car ce qui est toujours est néoessatre.
. L'antécédent n'est pas absolument vrai, comme on le voit -d'après ce que rapporte Albert, livre i des Animaux, et dans ium traité '(te la Physionomie. Plutarque dit dans le parallèle «cpi^iil fait de Nicîas et de Grassus : « L'un ne négligea rien de •n ce qui regardai la divination, l'autre la méprisa toujours, et ji'tous deux ont eu une fin semblable. » Auguste évita de nombreux dangers par la divination, selon ce que rapporte Valère Maxime, livre i. Mais pourquoi m'arrêter à ces bagatelles, <fàdâÈà Ptolémée, le prince des astrologues^ aphoris. tiii, regarde comme une vérité, que le sage dominera les astres? .<&'ti arrive que beaucoup suivent les tendances natives annoft- .oées par les astres, c'est que peu d'hommes se soumettent aux inspirations' de la raison, et que le plus grand nombre est es- •davedes sens, sur qui tombent particulièrement les influences tdes astres; Ptolémée explique ce fait, livre m, chap. 16, texte 65, en disant que Mercure préside à la raison et la Lnne à l'âme sensitive; mais la Lune agit plus énergiquement que mercure,! pour deux motills : le premier parce qu'elle est plus jgrande et i^us lumineiise, le second parce que Mercure étant
tlt)|^ prte'dii 5elsil mi entièrement domioé p»r.«e0.rayen«. Ba enfne, c)e mteie qn^ane vertu dispose à d'autres vertus parce gti*'elle(i iont liéfts Punc à l'autre, de même un vice conduit à HA Mrtfe^ devient' une bal^itude. dont il est difficile de s'af- Ipyntbir, Ainsi BaUuste nous apprend, dans la Conjuration de Gatiltna, que cduinei iift conduit 4u désir de déchirer sa pa*- Iriff^r rempnsDnnemettt de son propre fils» que redoutait ÛrfQtilla, d(mt fiatiiina étiih virement épris.
tes fltcriieiei» pins accommodants n'attribuent aux astres, ^une f^Ptaine ioftnencev ce qui. ne les empêche pas de re-^ gâi)d0r pieu cpmme la cause efficiente du mal ; ils disent que ces dispositions pour les crimes, inhérentes \ plusieurs, vien-, nept de pieu, qui est Fauteur de tout. Ceux qui sont ainsi disposa tombent danç le crime ou ils n'y tombent pas ; daps le premjeiï f^s, c'est le fait de Dieu ; dans le c^s contraire, l'action diîi^f est vaine, superflue, oisepse, puisque les dispositions établies par Dieu pour le mal ne sont pas suivies d'effet.
^e réppiiibi que cm dispositions sont données par la naturo, nui esft I4 CPT^e et It bcuké de la puissance divinei, non pour dmioer U Vâtonté, majs (dutôt pour subir son action, parce qii4 U force 4i>^ctidce donne plus d'énergie k la volonté , que n'en mo^t»t sell^ qui influe suv elle. Cette force directrice est la raison • immatéi^ielle et ét^neUe; celle qui influe sur la vo« hmté est pQFporellQ e| matérielle.
II9 ^ed^nt ensuite que les dispositions au mal sont la cause du ml, m, domine dles viennent de Dieu, cette cause p'e^t avtre que Dieu.
i^ nie la luajeurei $t ne sont pas cen dispositions, mais c'est la rotealé qui produit to mal; ea^t pu les premières détruisent la raiiiout m ^ta w la défruiaei^t paa; si^ui, le péché est imimMf^x car la fatite est impossible là oà n'est pas la raison; j^ pop, la valante restQ libre dans l'acte, et le mal doit dès lor« |u| #t?e imputée
PuSf) ila prétendent que fU^Mteer au mal, mime sans y ooatmmlFei ft'oal enfore mal f^re : donc les astree sont auteusi ill B^l miiflii'ilo naufry pfiMWBt
OBirVKBb' PillLOSOPHIQUBS DB YÀNINI. l|Sg ,
' Mon jx\tàiré répcuidra en niai^t )a pQnséquem^e, paria msqn n*est pas la même des deux côtés ; o*est pani- j^otrp ^vaixtag^ . qtte les corps célestes agissent, car la prédisposition qu'ils pro^ doisent met notre vertu dans un plps ^a^ jour. C'est pourquoi Aristote dit, liv. il des Économiques, que c*est à Tadversité que Pénélope et Alceste doivent leur penmnmée, et que sans Tadv^sité ^lles seraient recrées obscures. L'homme 9e propose . le mal dans une intuition perrerse et pour pécher; nifiiss'i) m , Ip faisiiit que pour résister à la tent^tiop et pour fortiiîer sa Tprtu par la lutte, loin de pécher il ferait qne oevivre agréaUe» à Dieu. Saint Augustin nous^t, Cité de Dieu, ch. 31 : ^ Toute ^ teQ^tioQ n'est pas à blâmer, il f^ut même s*en féliciter comme a d*qn moyen d'épreuve , car le pliis. souvent l'esprit humain 9 ne pept se connaître qu'en exerçapt ses forces, non en pa? » rôles, mais soqs l'aiguillon de la tentation. Alors s'il reconnaît » les dons de Dieu, il gagne en piété, il s^affermit dans la vertu^ • et; ne pèdp pas au souâe die l'orgueil. »
U est encore une autre raison , car si l'influence des astres porte 9u mal , c'est pour le bien et même pour un gran^ . bieo, ce qui çst loin de l'intention des méchants, qui ne ten- . dent qu*à un but coupable; prenons pour exemple la naissance de Spcrate, Saturne se trouve en face du Scorpion, qui le me- . nace de soi^ venin mortel , mais ce fait va toiu'ner à la gloire 4e Sûcrate, qpi donnera un illustre exemple de courage dont le monde pourra profiter; on a{^rendra.par lui à braver la mprt pour la défense de la vérité. Aristippe , à qui l'on demandait comment était mort Socrate, répondit : Puissent Iqs Dieux m-apcorder upe telle mort! Oq voit que la nature , méprisant quelques partie^^ embrasse le tout et permet un m^l médiocre pomr arriver à un grand bien; ceux qui Qr^t mourir Socrate n'étaient mus que par une intention coupable. lies secrets le^ B)bs cachés (les astrologues nous révèlent ce? f^its; qn^nt à ceiix qni sont plus connus, les modernes les combattent par des rai-s . 80Q8 qui ne manquent pas d'apparence, mais qui n'ont aucune Vf^nn Au reste , maître Jean-Marie Genochius Clavarp**Ge- Vmmt frPpwp^ très-recopHnîm«|#We dm \^ if^m^M Q^tel.
i9S OBtfTKBS PHILOSÔraïQUBS bS TA^rM.
qui a te mieux écrit sur ces matières, dans sou câèbrle 6pus^c«le de la Grâce et du libre arbitre.
EXERCICE XLVP.
KëpoBse au dernier argument.
Les péchés sont nécessaires en ce monde, donc ils proviennient de Dieu.
Je dis que Tantécédent non-seulement est faux, mais quMl implique contradiction , car la raison formelle du péché impH< que le libre arbitre, lequel exclut la nécessité. '
Ceux qui, parmi nous, passent pour être plus sages, pensent qu'il y a du nécessaire dans Tuniversel , plus une partie contingente : ainsi cette proposition , tel homme existe , est néci^ saire, et toutefois il s'y joint une partie contingente : en effet , â TOUS existez, vous êtes nécessairement dans quelque lietl, mais vous n'êtes dans un lieu déterminé que d'une tnanièi^ contingente. De même, il est nécessaire qu'un honraie pèche, et cependant la faute n'est que contingente. Cest pourquoi ils nous répondent que la nécessité et la contingence s'excluent dans le même sujet, mais que l'universel peut se trouver' d*As le nécessau*e, et le contingent dans le particulier, et qu'afrisi il sera vrai de dire dans un sens indéterminé : Il est nécessaire qu'un homme pèche, mais le pécheur tombera librement, et sa faute sera contingente.
Ces raisons sont illusoires, car il me semble voir un roi tfai fonderait une loi d'où résulterait nécessairement la mort de Calus; cependant l'auteur du crime serait passible du châtiment, parce qu'il pouvait s'en abstenir et laisser un autre le commettre : ce roi ne serait^il pas avec raison réputé injuste? n'y aurait-il pas fotalité de sa part ? Telle est la loi de Dieu selon nos théologiens; Dieu veut de toute nécessité qu'il y a(it des crimes, disent-ils, et cependant leur auteur les commet librement, et par conséquent il doit être puni. Leurs raisons sont pitoyables : la première avance qu'à une proposition universelle vient se joindre un élément contingent , comme dââs
mmsm PHfibOMfmovi» m TâNim. fÈ9
^p^ fXùfgmtàon: II. est néoessakement vrai que ll^mine existe. Je réponds que dans les choses qui ne dépendi»it pas du libre arbitre, si ce qu'il y a d'universel est nécessaire, le particulier est contingent d'aune manière déterminée , et que le particulier n'est nécessaire que d'une manière indéterminée. Exemple : Si le monde est éternel, l'homme l'est aussi nécess^rement; cependaat ce qu'il y a de particulier dans la proposition, savoir, un homme déterminé, soit Titius,sera contia- •gent, et ce qui est particuli«-, d'une maniéré indéterminée, ;«yoir, qu'il y a au monde plusieurs individus humains, est nécessaire, autrement la redite de l'universel ne serait pas nécesh .«ire ; car, bien qu'aucun individu matériel ne soit étemel, cependant la série des individus est sans bornes, carunegéné- •ration succède nécessairement à une génération, en su;^)osant fpe le. monde soit éternel, selon chaque espèce en acte. Mais 4a>i&.lës choses qui dépendent du libre arbitre , s'il y a nécesh ^^té dann l'universel, il y a aussi nécessité dans le particulier déterminé et indéterminé, ce qui implique coatradictîon. . . Conséquence : L'homme est, voEà le nécessaire; mais il est contingent qu'un homme individuel existe; car si l'existence ,.4e l'homme dépend du libre arbitre , cette existence ne serait .pas nécessaire» de même, qu'il n'est pas nécessaire que tel individu existec Aina puisque le péché dépend du hbré srbitre, il ]9*est pas nécessaire, nidansl'aniversel, ni dans ie particulier. A cette seconde raison : Si vous existez, il est nécessaire qae V0U3 soyez dans quelque lieu, cependant vous n'êtes dans un lieu déterminé que d'une manière contingente; . r Je ir^Kmds qu'il y a en moi de la liberté et de k nécesrâté : , quant au lieu déterminé, on est libre, parce qu'en levant un ' obstacle ou'peut êtrt dans tel ou tel lieu. Mais il y a nécessitéen ri ce «qu'on ne peut pas simplement s'isoler de tout lieu, car si •>!Ous quittez un lieuv c'est pour entrer dans un autre. Mais il en est autrement du péché, car en évitant l'un, on n'est pas ^cé. d'en, commettre un autre, âme il n'est pas nécessaire que l'hoBiine pèche , comme il l'est qu'il occupe un lieu tant qu'il
ÛMdumia doue qu'il y ^ centPMUctisn dins ntte ^!0|k>8||1m d^ 9l(^pif Q^ ^09 adversaires : Les foutes spnt ttécessaires.
Prmpft miiialeq^ai les armes avec lesqiidles ib s'efforcenl de d4leo4l>e ^um paqvrei proïKwitioiis.
I' Ça m fs| tq^jmir^ esl BicessaiFe.
Cette Hiiueiire e#t vraie do tout ce qui esiste par une eause niitun^e pt fl^i o'4 n«() de vol^niaire, aiaia nullement 4e ce 4»i PfPCède d'uae 6a«9e libre ; ainsi » il y a toujours des bipnil et 4e^ fpaui^ dans le mpnde, parce que la yolontô a tour JQ^ri été libre de l9ire le bien et le mal ; je dia en eonséquenee q^e ppur p^euver la qaajeure, la division du cMiângent sur !• plus, le nieins et Tégal, ne deit s'entendre que du contiafent naturel et mm volontaire*
Je n'adipeta pas en ceci Tautorité d'Aristote , car U se coa* tredit lui-même eu affimwut ( Morale, liv. l, et ailleurs) que Qeti>e volonté est libre « car alors il en résulte qu'il y a toufjmirs quelque chose qui doit être et qui cependant n'est pas nécessaire.
Il, n u'est fm possible que Tbomme ne pàcfae pas, éono rhMiuue p4pbêra néoeisairement.
(i'^m^cMeut est faui^, en voici la preuve. Jamais, dit-on» le nimde U> existé m\^ qu'd y ait des péchés, donc ceux'*ci sont péçes^airea, par ce qui est proprement et universellement pe«siUe m révise eu uu temps quelconque; en aoœrdant ce der^» uier point je repousse le premier, car lorsque Adam et Eve étaient seuls au monde , ils fpreut quelque temps sais pécher. De même après le déluge universel, le mmide pendant ma eerUiin temps ne fut souillé d'aucune action honteuse; je ré« turque dene Tiirgufl^pt en disant que peur qu^un fait soit pespîble il u'^st pas uéçess^lre qu'il soit toujours , mais il soffit qu'^l RUisse se réaliser : il suit donc de ce qui précède que le (PQUde a éfA quelque temps sans péchés, et que par censé* gueut lee péchés n'étaient pas absolument nécessah^es.
m, ia posiibiKté de faire le mal est inhérente à la nalom de l'houuDe» dono \\ eu est 4e même du péohé en acte. Bkmvelle conséquence erronée. Si l'acte résulte de la puissanse^
c*ci^< paroe que cdui qui 9git ea a le pouvoir ; raais 4e ce que la nature nous donne un pouvoir, il ne s'ensijit pas qu$ Taete sgit nécessaire. Ainsi nous tenons de la nature la puissance de vouloir, cependant l'acte, c'est-à-dire la voKtion, nous appartient; cette volition dépend de i^ous et mn de la nature, car s'il en était autrement elle serait nécessaire.
IV. Il est dans la nature que nous puissions pécher ; or la nature ne fait rien en vain, donc il est nécessaire que cette puissance passe h l'acte, et le péché est nécessaire.
Je confesse ingénument qu'en suivant Aristote , cet argument est insoluble, car la nature ne faisant rien en vain , il . faut que l'acte suive la puissance. Pe là vient pour Aristote h nécessité des monstres , car si la nature p'était pas tombée dans des écarts , elle aurait en vain rendu ceux-ci possibles ; elle a donc fait en sorte que cette propriété ne fût pas inutile, comme nous le dit le Commentateur, liyre il de la Physique, com, &8.
Pour des chrétiens cette raison est de nulle valeur, car ncttis disons que la puissance de mal faire ne passant pas à l'acte, l'œuvre de la nature ne serait cependant pas inutile, parce que cette puissance est donnée à l'homme aÛQ que, pouvant pé*^ cher, il ne pèche pas, et que par là il puisse se perfectionna et mériter.
On dira : la puissance g l'acte pour but » donc la puisssmce pour le mal en nécessite la réalisation.
Nullement « car le raisonp^ei^t 9e prouve pas de la puissasee à l'organisatiott, la première ne se rattachant qu'à l'action commise ; maïs quand Dieu et la mtv^Q put youli^ }% ponaibi)^ du mal, ce fut uniqueoient en vu^ dq la teptatîop. fowp)i) : s L^ pouvoir de s'emporter, chez m homme colère, serappif^rte au fait de la colèrei cependant ce pouvoir b'^ pas éfédoppé à rbomine pour qu'il s'emportât, mais po^r que, pav suite dp cette tendance qui n'est pas un péché , il parvint à un plus haut degré de vertu ; car on ne s'emporte pas sans motif, et a]of» m n'a aveune occasion d'ei^ercer sa vertu, car e*estmie KBPCIffSlwP VWt l'homme enclin à la cdére de la soumettre
198 OEtiVRBS PHILOSOPHIQUES D8 TANINI.
an jong de la raison ; et TÉcriture dit : « La vertu se fortifie » par Timperfection, et il n*y aura de couronné que celui qui » aura combattu. » Ainsi la puissance pour le mal a pour but non h péché , mais Faction de Tagent , pour qu*on sache quelles sont les difficultés de la vertu.
V. Les vertus sont nécessaires pour la beauté et Pordre de Tunivers, donc les péchés le sont également. Je nie celte conséquence, qu'on veut prouver en disant que les vertus sont impossibles sans le mal, comme le martyre et la patience supposent la cruauté des tyrans et les injures de nos ennemis.
Tout ce raisonnement est contraire à la vérité, car bien que le martyre en acte suppose le mal , la vertu du martyre ne le suppose pas, car elle peut se trouver en celai qui û*y est pas eiposé ; il suffit qu'il soit prêt à confesser le nom du Christ en face du tyran , sans être arrêté par la crainte de la douleur. De même celui qui n'a reçu aucune injure n*a rien à pardonner ; mais si dans le cas d'aune offense il est préparé ^ souffrir humblement, il est réellement doué de patience , et peutêtre pins que celui qui pardonne une injure, car il peut tirer un acte d'hidulgence d'une chanté plus grande. Loin donc que la disparition du mal s'oppose au développement de la vertu , celle-ci n'en est que plus beHe et phis parfaite.
EXERCICE XLVIP.
DifGcttlté et solution.
L'opinion des stoïciens semUe tout d'abord être trè^-vicieuse, et cependant elle s'accorde avec celle des chrétiens.
En effet : nous, chrétiens, nous disons que Dieu prend part au mal en le permettant ; alors, ou Dieu en permettant le mal, fait ce qu'il y a de mieux , ou ce qu'il y a de pis; ce dénier cas est impossible , car il est contraire à Dieu souverainement bon, donc il fait ce qu'il y a de mieux en permettant le péché. Cela étant , il permet que presque tous les hommes tombeat dans le crime, doBc.il est pour le mieux que presque tous ks
0BVVEB8 PHILOSOPHIQUES DR VANIVI* 103
hommes soient des criminels et des scélérats. Donc r<^ipn des chrétiens s'accorde avec celle des stoïciens, qui affirment la nécessité du mal pour le bien universel.
Ce n'est pas tout ; on lit au livre ii de la Physique que Fab*sence du nautonnier est cause du naufrage du bâtiment; on la considère connue cause efficiente, et cependant on ne peut pas accuser le nautonnier d'avoir effectivement submergé le bâtiment, mais de n'avoir pas, puisqu'il le pouvait, empêché un naufrage qu'il avait prévu.
Quelques athées vont encore plus loin, parce que pouvant empêcher le naufrage et ne le faisant pas , ils regardent le nautonnier comme plus coupable que celui qui submerge le bâtiment en courant les dangers du naufrage; celui-ci agit ouvertement, l'autre en se cachant et comme un traître.
Ensuite, les stoïciens disent que Dieu ne peut pas empêcher la présence du mal dans le monde , parce que la nature de l'univers en a besmn; selon les chrétiens. Dieu peut empêcher le mal , mais il ne le fait pas, de là vient qu'il fut accusé d'une phis grande méchanceté, car il est dit au livre il de la Métaphysique, que celui qui boite par un vice de conformation est plus excusable que cdui qui boite volontairement.
Je n'admets pas que ces deux opinions s'accordent : les stmr ciens disent que Dieu fait le mal, les chrétiens qu'il le permet; or, il y a une différence entre ces deux faits, parce que la permission seule n'est pas une cause suffisante de l'effet.
La première objection n'est rien , car je soutiens qu'il est mieux que Dieu permette le mal; il en résulte que l'homme reste libre dans ses actes, et c'est là un très-grand bien. Quant à cette conséquence, que Dieu permettante mal, presque tous les hommes tombent dans le crime , je réponds que ce n'est point parce qufe Dieu le permet , mais parce que notre volonté écoute les sens et ce qui la flatte.
L'exemple du nautonnier n'est pas applicable, car celui à qui le soin du navire est confié doit le préserver du naufrage, c'est un devoir auquel il ne peut manquer sans être couJ)able; mais Dieu n'est tenu en aucune manière de prévenir et d'ar-
qil*il ^ ms^é |i r^oi^ipe la liberté d'agjr. . .,
En outre, la permission 4ft ûieu pe pro4uit S^^te.W«l«. tai)4Ms que la négligence 4u i)^|itoiiai0r P^t le nayir^ m 4aqg^r q)0p]\e dans Mue légèfe tempêta. Âjputpz qi|'^n <(^ÉigM^V809 navire qu^od 1^ tempête inç^f^pe, 1^ Qa^tQ))ni^F ]^ ){vrp il li| fi^reur di^s flot^^ ma|8 pieu , ç^père si bienfsii^ant de toiis \^^ hommes, tout en perp^ettant 1^ m^il popr 4!^^ rai^of^s trè^j^steis, mais que lui seul comprend, nops 4 doni|é ^s^z d^ 8eçpu|ng popr que pQus puissions ne pas y tomt^ç^r
4in^ notre opinion ^st bfeq pioins ^ttaquaf)le gu^ cell^ des stoïpieii^ , par Dieu ^re jes )iQfnpi^ du péc^é et pe le§ y pou§s§ pas , et par conséquent i) p*a p^s la q)^cl)finc^té qii^'on 1^1 suppose, I
Quant ai^ premier ^rgu^pQt qi}^ préte94 9^6 Di^u egi p:ppi- P0ur, puisque pouvant prése^yer Thoqifpe 4p P^t)^ il n^ te fait pais I j^ répopds en reppiiss^nt la c^n^quenc^, ç^ il n*y est pijlleipept obligé ; il f?\!t dire plutôt qu'il ^| «lipériçoTH diftp^î. Rpi^u'il yers^ pi|r nç^^^ m^ çrâc^ §pf)aîlwp4^{e q»*îl . tjr^ 4e$ gQprpe§ intaris§rt>l^fi 4^ sa i)ftRté-
Je dis en def pj^f lieu Q^e §i 1^ i^(nïcien^ Qpfnp^r^pt Bi^ ^ m bpitfîux , fie îéfftnt ^fi\\ patpr^ ^ Ipi : Of, \s^ f#éti^p8 ne pQuyent pa§ 9d(peltre pna t^lle bypQtb^, pji^ fbm flous te rapport 4^1^ ^j^turp qpe squi^ p^lpi d^ ^ volop^éi çp^unti oq peut Finférep 4p Pp qw 3 ^té 4it »ntériei»rfin}wt,
Contre lés stoïciens.
q^l #n re<^p9i$»apt , powipe ppnr 9e joner» ns^ f^quià^m». divine, et en croyant que tout esi r^ Rop pi^r Ifi vplont4 4p I)iep,maisf par 14 nécessité.
je np vpux riçn ^m des raisons qui le§ opf c()n4uit8 IJi, maû . poqrf^ç.rpssyu'tir ¥ ^ité 4e la 4i9pi|8siQp, qp*il ipia $oit MF»s 4e T(^\m9^ 4»nR IÇW SWf
If 3i Weu dgisi^ait d'une piapière pomin§;eqte, il agpp^it d'nne ip{|i|ière lodéteroiinée , mais m feit de cette nature suppôt rin^erfeetioa de l'agent , donc il pe fau^ pas le supposer e^ pieu, de qui est loin toute imperfection.
ProuTons la m^geiwe : Si le i^^cessaire est ce qui ne peut p^ pqpas êfre, np acte nécessaire ne pourra pas ne pas ôtre, dqnç qn acte contingent n'est qu'un acte indéterminé , puisque Je coptingent n'est que l'indéterminé.
ta mineure est évidente, car l'indétermination sar m fait i^ produire provient d*up défairt , soit qu'on n'ait pas sagemepf délibéré, soit qu'on ne voie pas clairement comment le fait est réjdisable, tontes choses qui sont incompatibles avec la sagesse divine.
ïï. Ou Dieu a arrêté de toute éternité ses actes passés, présents et futurs, ou il ne l'a pas fait : cette dernière (lypothèse ^t inadmissible , car il y aurait dans le passé, ]e présent ou le futur, quelque chose qui ne serait pas d'après la vdQpté et )a détermination de Dieu ; dans la première pypothèsc, il f^ift se demander â les événements futurs et déterminés par Dieu pourront ou ne pourront pas être autrement qu'ils ne sont ; si Ton accorde ce dernier point, tout arrivera par une sorte d'enchaînement nécessaire ou fiital, et suivant l'erreur des stoïciens ^ir la fatalité : dans le pitemier cas, si un avepp" loutre qœ celui arrêté par Ûieu est possible , Dieu est de tapt* néçmln^. soumis au cbangem^t En effet, rien ne pept arriver autrepiept, i moins que ce changement ne soit déterminé par Diepi piaisi, 4'après l'hypothèse , Dieu a déjà arrêté le contraire, dppc si ]a fiiit change, il faut qu'il se passe en Dieu un fait analogue. Cela même est prouvé par le langage, car dire qp'upe cl^ose chap* géra, c'est dire que Dieu en ordonnera autrem^t, d'o&il suit ou'un changement dans le fait ep suppose un en Dieu, carde 1 être au pouvoir la conséquence est légitime. C'est pourquoi , {lien que Dieu ait décrété de toute éternité qu'une chose sera ainsi, iltst possible qu'elle soit autrement, maia ceja n'est possible qu'autant que Dieu aur» chapgé de iiM^rm'^^ k donc Dieu peut en changer.
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III. Si Dieu agit d^une manière contingente, il peut agir et ne pas agir, cela résulte de la nature du contingent ; dans l'un ou l'autre cas H çst déterminé ou il ne l'est pas ; s'il ne Test pas, il se déterminera , et il y aura changement, passage de Findéterminé au déterminé ; si au contraire il a un projet arrêté, il peut en réaliser un autre; et comme il ne le peut sans varier lui-même , il faut qu'il puisse se déterminer dans ce sens contraire. Mais les deux déterminations sont opposées, les actes étant simultanément impossibles , donc il peut prendre une détermination pour une autre, et il peut varier; mais tout ceci est impossible, donc il est également impossible que Dieu agisse d'une manière contingente.
Aristote s'est aussi expliqué sur la nécessité d'agir dans laquelle Dieu se trouve, disant que pour commencer à se mouvoir de nouveau , il fallait qu'un mouvement eût précédé le mouvement antérieur ; or, comme avant l'univers il n'y avait que Dieu, s'il est l'auteur et l'ordonnateur de toutes choses, il faut qu'il y ait eu du changement en lui.