‹ Œuvres philosophiques de VaniniChapitre 29 sur 32 · DES IMAGES SACRÉES CHEZ LES PAÏENS · texte numérisé non relu

DES IMAGES SACRÉES CHEZ LES PAÏENS

Nous lisons que les statues des dieux, auxquelles les anciens donnaient toute la beauté des formes, sans doute pour inspirer l'amour de ceux qu'elles représentaient, nous lisons, dis-je» que ces statues étaient parfois couvertes de sçeur. Commçnt cda était-il possible}

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JULES CÊ&Ài«

Tbéophrasle ^ €txi doiwe plusieurs ravisons; la preoiièce^t la matière interne qui éprouve Teffet ; la secon4e« la oiati^iGi externe qui le produit, c*est-à-dire la tiédeur de Tair; la iroisième esl J*iiuniidité cachée qui est attirée au dçh^rs par une chaleur modérée^ et qui, ens'aÛiant à celle-ci, serormeen goultesf de là vient qu*il dit que les statues sueat toutes les fois qu'ua souffle tiède vient les caressen U a*en est pas ainsi pour toutes, mais pour celles dont la matière renferme un certain suc, comme le cèdre et le cyprès; ce bois étantmoins sujetàse corrompre, on remployait de préférence. Cardan ^ vient confirmer Tbéophraste. « Ce qui n'est pas moins étonnant, dit-il« c*est gua » les statues se couvrent de sueur ; cela vient de ce que le suc » gras, en cédant à Faction de la chaleur, ressemble à lasueniu » C*est pourquoi on voit suer les statues faites de bois de cèdre, » d*oiivier, de vigne, de cyprès. Cela arrive surtout quand » souffle le vent du midi, parce qu'alors Thumeur est plus abon* » iante et j)las légère.

ALEXÀNDAE.

C'est fort bien ; cependant j'ai lu souvent que des statues de bois qui dcjpuis longtemps avaient perdu Xout leur sue, avwnt r^Mudu des pleurs.

JULES CÊSAIL

Ne serait-ce pas un air tiède ou quelques baisers de fenuue qui auraient produit des vapeurs qui se forment en gouttes et que le vulgaire prend pour des larmes? Le soleil ou la dialeur des flambeaux ne ferait-elle pas fondre les couleurs qu'on prendrait pour des larmes? Les prêtres n'ont-ils pas eu le soin quelquefois de couvrir secrètement une statue dn sang d'un animal ou de sang humain? Par des conduits secrets, n'ont-ib pas fait pleurer du sang? A^l'-ouvarture des portes du temple, b foule accourait, et neconnaissant pas Ja véviiaUe cause, Md s*émerveillait et criait nurack.

* De lâittbUUté, livre VIII.

ALEXANDRE

Nons lisons que les stataes de pia»re se couTraieat i sueur.

JULES CÉSAR

Pourquoi s'en étonner ? les pierres cpi'on tire des fleuves se sentent de leur origine comme tous les êtres de la nature. Lorsqu'elles passent d'une température chaude dans un air plus humide, elles s'imprègnent d'une humidité que la chaleur fait ensuite ressortir en bulles.

ALEJCANDRE.

Grégoire Bucbanan a dit avec autorité <pie « celui ^i adore » des choses mortelles est digne de mort ; » or, les JhomnMé adoraient des pierres et des bois pourris qui n'étaient que la naurrlture ,des vers et la demeure des cloportes, jc'est pourquoi ils aKaieot mérité de périr : pourquoi donc, après avoir adressé des vcbux à leurs idoles, échappaient-ils au danger, comme le prouvaient les innombrables tableaux qu'on voyait en entrant dans le temple?

JULES CÉSAR

On n'y voyait pas représentés ceux qui étaient morts, mat*' gré leurs vœux : si quelqu'un tombait en danger, il implorait les dieux ; quand il échappait au dsmger, il était tenu d'en rendre grâce aux dieux, sous peine d'être déclaré kaçm par le pontife; quand l'événement ne répondait pas à soa attente et qu'il survivait à son malheur, les prêtres prétendaient que eea inauvaisos actions avaient empêché les dieux d'exaueer aea vœux. A l'homme (mcux qui cependant avait été dupe* iia promettMent la miséricorde des dieux, qui éprouvent les b^na en ce monde. Quant à celui qui avait péri, il ne pouvait^ venir accuser les dieux de faiblesse ou d'impiété, et c'est aînii que lea jHrêtres jouaient le peuple par de futiles auperstitiona.

ALEXANDRE

Cependant Pyrrhus, roi des Épirotes, fut assafiUi par une tempête, et fit naufrage pour avoh* p91é le temple de Proaer* Ikine àLocres.

JULES CÉSAR

Denis Ujprès avoir piUé le même temple fut recondsit au port par des vents favorables, et il se railla des dieux en disant à ses compagnons : « Voyez quelle navigation fiivorable » les dieux accordent aux sacrilèges. »

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