‹ Œuvres philosophiques de VaniniChapitre 5 sur 32 · EXERCICE PREMIER · texte numérisé non relu

EXERCICE PREMIER

Dieu existe.

Dieu est; le philosophe * voit dans le mouTement une preuve de cette existence. Ainsi parle Averroès; mais il est dans Terreur. Dieu n'est pas le moteur du premier mobile, car le premier moteur est circonscrit dans les limites de l'essence et de la puissance; Fentendement peut concevoir le lieu où il est, celui où il n'est pas : en outre, d'après le sentiment d' Averroès lui-même , au troisième livre de l'Ame , l'intelligence dont la force imprime au ciel un premier mouvement de rotation a quelque chose de semblable à la matière et à la forme. Dieu cependant est simple, comme l'atteste encore le même auteur, dans le même traité, com. 5, et Métaph. com. 21. D'où il infère, avec beaucoup de raison, qu'en Dieu rien n'est en puissance, mais que tout est en acte. Or, dans l'intelligence première il y a quelque chose qui ressemble à la puissance; car le fait d'une révolution qui n'aura lieu que demain n'est pas encore un acte. De plus, Dieu est indépendant du temps, puisqu'il lui est supérieur ; le temps ne peut donc être en lui par aucun principe intérieur connu ou inconnu , soit avant , soit après. Au contraire, il est dans l'intelligence première, dont l'action se développe avec le temps, et qui est finie selon ses parties : or, tout

> Aristote.

2 OBUYRES PBIL080PHIOVBS DE TAHmiI.

ce qui est fini a quelque chose en acte et quelque chose en puissance ; donc il y a , par rapport à lui, antériorité et successioa C'est pourquoi le divin Aristole , en son dixième livre de la Philosophie suprême, dit que les corps célestes ont la puissance en actualité, ce qu'on ne peut pas dure de l'intelligence pour un mouvement qui n'est pas encore réalisé. Car quoiqu'elle ne soit pas sous la dépendance du temps, elle se développe avec lui par rvpjpan au mouvement qu'elle produit. Dieti n'est donc pas cette intelligence première qui meut l'univers, mais quelque chose de supérieur et en dehors de tout mouvement ; c'est pourquoi, si par une investigation naturelle j'arrive au premier moteur, celui-ci ne me donnera pas encore la preuve de l'existence de Dieu, ce n'est que par une voie supematurelle que j'atteindrai mon but. Tout être existe par soi ou par un autre ; tout être est fini ou infini ; nul être fini n'existe par soi : l'intdiigencc première «st finie, donc elle n'existe pas en soi. Nous prouvons que, par iM nature, l'acte est fiui , borné, non par le temps, mais par le pouvoir et l'effet; nous avons donc la connaissance de l'iliteffigence première sans avoir la notion de Dieu , car a n'est pas le mouvement qui est Fauteur de toute chose. C'est Dieu qui est ce créateur ; d'où il résulte assez clairement que c*est par les première» divisions de l'être, et non par le mouvement, que iïoii3 sera démontrée Texistence de Dieu. Cette démosQMratioii est rigoureuse, car tout être est étemel ou teoiporaire : dans ce dernier cas il a une cause, car il n'a pas pu » oréér lui-*fflême;- il eût existé avant d'être. Si donc nous re^ eb«rcb«n# l'origine des êtres, nous serons forcés d'admettre ui Être éternel, sûfurce de tous les autres, n'eût-il été d'abord que qudqué chose d'iuforme, autrement rien ne serait; mais k néant e^t impossiMe ; donc il est également impossible que TÊtn éternel ne soit pas; donc enfin l'Être éternel est nécessaire. Ut syllogiâme rendra ce raisonnement plus clair. L'existence à tout être contingent suppose un Être éternel ; l'Être éternel esi le princ^ dé tout ; donc l'Être éternel existe de toute nécessité Cet être on le nomme ordinairement Dieu. Donc, de toute nécessité, Dieu existe.

Méês lekeleiHrdéflire pëttt-fttfeunediytinoyftai ées êtrai [ritis sobtUe 3 en tmci une, non pas à la ntanière de Téoele,' mais ctivino-magiqnë ou eabalisiîqne, et que je il'eitipruHtehii pas aux nombres de Pythagore; j*en médite une pliis digne d'attention. Les pythagoriciens, dans leur adnliration pour le nombre sept, n'ont pas remarqué qu'entre auti'es attributs il anrut été posé par k nattti'e eotnine la Ûmite et le tehne des nombres inférieurs. De mômè le nombre neuli le pins ^vé elle plos parfah,* contient ttfus lès antres f el ne peut être angosenté qtte par Tmiité pour oonstitnef la décade, le dernier nombre. Aeconnaissëns k toute^finssance de l'unité^ à k lois le principe et la fiii des nombres; car c'est dlé qui termiiié le noinbre neni^ daiis le^ quel dont tontes les espèees et les profMirdons de lu cpnnM , tant lesélémenlaifesqne cdks qui ne sont que des oeifsé^eiioes^ savoir : k lôngnenr, k largeur^ k profendenr $ le parfait, Fimparfait i le divisible^ rindirisihk i k triangle, le evbe, Toblong« k polygode; l'égal, l'inégal; Fabs6lu, le ctftopàTé^ k nmpto, k midtîpk ; k tembkble, k dissemUabde. Dans l'espèce, le doublé , le côté et demi 4 le triple^ le troisiènie et deiniy k quadmpk « le superposé* Mak l'unité est k princqie 4 k formd, k matérkl^ l'efficient, la fin. Personne ne réT«pqiie k matière en doute 1 l'unité est efficî^te coniriie principe eréatenr des nombres; elle est la fin^ parce que tdntes les iinifeés se rénnissèfft ponr ne fairef qn'nn seul noinbre terminé par l'onitê. C'est encore k ibrnie) parce qîi'eii rajoutant ob varie l'espèëê, son aspect^ k pair et l'impahri Ainsi le nombre néof n'eM terminé par anoun autre nombre, et Ini-même ks renlémey seulbhbk à l'édifice eéléste, qtn comprend totites ks patrtle» et ifdi n'est fini que par l'udité on Dieu, également principe et fin de l'univers. Je diviserai donc k nombre nenf eâ deox pSilies, non-^seulement parce qu'avant Yanini on ne l'a pas fait , fn«is parce qu'uii motif d'inégalité réclame contre cette ditlsiofi.' Mââs puisque le monde est divisible en deux parties^ l'uoe iniérieurè, l'autra supérieure « D faut aussi trouver tine division pMfttt^k pour k nombre neuf, que j'ai représenté comme l'image du monde; voici comment : Abstraction faite dans cette partkkn

4 owvaii nuummmu m yAmm,

de rmiité qui donne Tan et réritaUeoient le tb n&if % prfatei|M «uprême que rien ne limite et n'embramie, le nombre neaf, qui reste au-demous d'elle, multiplié plusieurs fois, deviendra divisible en deux parties , de manière que partagé en deux (ois vingt-sept, il trouve le nombre sept pour terme de la première ^lité, et pour la seconde le nombre dix, dont la dernière unité vient au nombre neuf de la première unhé du binaire , qui est le premier nombre dans cette partie de la division. Dam Tune et l'autre de ces parties, le tout lui*niéme, e'est^^Hlire le nombre neuf, se retrouvera autant de fois que Tunité qui Tongendre entre dans la racine pour la compléter. Or, le nombre neuf a pour racine la trinité, comme l'indique le nombre neuf dans vingt-sept ; ainsi la première partie se forme par Taction du binaire avec ses nombres suivants jusqu'à sept, de manière à former vingt-sept ; la seconde par le nombre huit arec lei deux suivants. Les nombres ainsi ordonnés, reste la classiûca' tion des êtres. Or, la première partie, celle des êtres incorruptibles, renferme trois classes : les intelligences supercélestes, les célestes et les subcélestes ou les démons ; ainsi il y a neuf hiérarchies classées dans les neuf orbes connus. Les ordres des démons , au nombre de neuf, comme Scaliger l'a f rouvé dam les secrets des Chaldéens , complètent les vingt-sept nombrei supérieurs. La seconde partie, celle des êtres corruptibles, obéit au même nombre de divisions ; le premier ordre est celui dei êtres animés , le second celui des inanimés, le troisième cotO' prend les principes, qui ne peuvent être moins de neuf. De même les êtres animés sont classés en neuf sections, et les inanimés ea physico-nuigiques. En disposant les principes on a le repos, qui est la plus haute perfection, car j'entends par Ih le but de tout changement ; le mouvement en général, perfection qui mène ï une plus grande, savoir au repos; l'harmonie, qui contient tout ce qui arrive ; l'accident qui suit la perfection : celui-lli a cela de particulier qu'il donne à une chose un caractère qui la distingue de toute autre; le cinquième est la privation, que les

' Le lotit.

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ignares et stupides détracteurs d*Aristote ont rayée du nombre des principes; mais la privation est tellement un principe, qu'elle a précédé Forganisation de Tunivers ; le sixième est le but « d'où résulte la fin ou le repos que j'ai signalé tout k l'heure ; le septième est Tefficient ; le huitième, la forme, dont la présence produit le repos ; le dernier est la matière première. C!onduons. Le nombre neuf comprend tous les autres; mais il est dominé par l'unité; donc il représente l'édifice du monde, qui en coudent toutes les parties , sans être lui-même dominé que par l'unité, qui est Dieu, l'Être unique et suprême, son principe et sa fin.

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